Représenter et aménager l’espace urbain

La programmation scientifique s’articule autour de la thématique générale Villes : espaces, cultures et sociétés, qui prolonge le travail de fond entrepris par le Laboratoire. Elle repose sur sept axes qui structurent et donnent cohérence aux travaux prévus pour les quatre années de la subvention : quatre axes thématiques et trois axes transversaux qui viennent enrichir la programmation. Cette orientation s’inscrit dans la continuité de la mission qui anime l’équipe en partenariat depuis sa création.

Inauguration du plan Dozois: Habitations Jeanne-Mance, Montréal, 15 octobre 1959, Rhéal Benny, Archives de la Ville de Montréal, VM94-Z769-06

L’axe thématique 3 — Représenter et aménager l’espace urbain — explore la manière dont l’espace urbain est représenté, pensé et transformé, en s’appuyant sur des sources variées (archives, images, toponymie, littérature, outils numériques) et sur l’étude des processus d’aménagement et de revitalisation.

Objectifs :

  • Analyser les représentations de l’espace urbain et les transformations du territoire à différentes périodes de l’histoire.
  • Croiser les perspectives historiques, culturelles, visuelles et numériques pour approfondir la compréhension de l’évolution du paysage urbain.

Projets en cours


Bibliographie sur l’histoire de Montréal

Paul-André Linteau, UQAM

Léon Robichaud, Université de Sherbrooke

La recherche en partenariat engendre une riche moisson de produits et d’événements culturels, certains parrainés par le Laboratoire, d’autres par ses partenaires. Figurent parmi ces réalisations collectives de nombreuses expositions, des sites et contenus Internet et plusieurs activités et publications grand public destinées aux amateurs de patrimoine et d’histoire. Le Laboratoire propose aussi un cycle annuel de tables rondes, conférences et visites commentées d’exposition.

chrono

Chronologie de Montréal

Paul-André Linteau, UQAM

Mario Robert, Ville de Montréal

Léon Robichaud, Université de Sherbrooke

Fondée en 1642, Montréal a une histoire riche et diversifiée, s’étendant sur plusieurs siècles. La Chronologie de Montréal permet d’en identifier les moments les plus marquants. S’adressant autant aux amateurs d’histoire qu’aux spécialistes, elle fournit un cadre de référence et permet de l’aborder sous plusieurs angles. Elle s’ajoute à la Bibliographie sur l’histoire de Montréal, également disponible en ligne.

La première pelletée de terre qui annonce le début de la construction du pont Jacques-Cartier a lieu en 1925; lequel est ouvert à la circulation en 1930. Bientôt centenaire, le pont Jacques-Cartier témoigne d’une réussite d’ingénierie et d’un patrimoine infrastructurel de l’acier et du design. Il est aussi l’expression du défi, toujours actuel, que représente la traversée du fleuve et rappelle l’importance de ce dernier pour l’identité montréalaise. Cette recherche mènera à la rédaction d’une monographie et d’un ouvrage illustré, ainsi qu’à la réalisation d’une exposition sur trame chronologique (en partenariat avec une organisation muséale) des plans, devis et illustrations des diverses étapes de constructions du pont.

Documentation sémantique de la spatialité urbaine : les données ouvertes et liées, l’histoire et les défis d’une géographie multiple en constante évolution

Joanne Burgess, UQAM
Léon Robichaud, Université de Sherbrooke
Philippe Michon, Analyste en web sémantique, Réseau canadien d’information sur le patrimoine

Ce projet a pour objectif d’identifier les indicateurs qui permettent de décrire au sein d’un modèle sémantique un territoire, l’appartenance à celui-ci ou encore sa transformation (que ce soit les noms, les frontières administratives, la géographie naturelle, etc.) ainsi que les enjeux que soulève la documentation du territoire en milieu patrimonial (aspects historiques, politiques, légaux, sociaux, etc.).

L’encyclopédie en ligne Mémoires des Montréalais

Josée Lefebvre, MEM – Centre des mémoires montréalaises

Le site Web Mémoires des Montréalais est une création du MEM – Centre des mémoires montréalaises, à laquelle collabore ponctuellement le Laboratoire d’histoire et de patrimoine de Montréal. La plateforme Web lancée en juin 2016 rend accessible à un vaste public un savoir et une expertise créés par le Centre au fil de ses nombreux projets. Le site s’enrichit régulièrement au gré des projets et des collaborations., Plus de 500 articles et de nombreux dossiers thématiques permettent de découvrir la ville autrement.

Géolocaliser les images des albums de rues Massicotte

Jean-François Palomino, BAnQ
Léon Robichaud
, Université de Sherbrooke
Joanne Burgess
, UQAM

Mené conjointement par BAnQ et par le LHPM, le projet vise à offrir au public une nouvelle façon d’accéder à la collection et à son contenu, via une interface cartographique qui donnera accès aux images. Les images sont géolocalisées par le personnel de recherche qui fait un usage combiné de SIG et de sources historiques telles que les annuaires municipaux de l’éditeur Lovell et les atlas anciens confectionnés par Charles E. Goad. Dans une phase ultérieure, il est envisagé de faire appel aux techniques et aux outils de participation collaborative pour ouvrir l’exercice de géolocalisation au public intéressé par l’histoire de Montréal, notamment les sociétés d’histoire.

Les praticiens de l’histoire urbaine utilisent presque systématiquement les journaux des métropoles qu’ils étudient comme sources. Si certains d’entre eux y vont d’une réflexion critique sur ces sources, cette réflexion demeure généralement superficielle, les journaux étant utilisés pour saisir différents aspects de la vie urbaine qui ne sont pas directement liés à la presse. Dans le cadre de ce projet de recherche, qui se situe au carrefour de l’histoire urbaine et de l’histoire culturelle, il s’agira d’analyser plus en profondeur les rôles que joue et la position qu’occupe la presse à grand tirage dans l’écosystème urbain.

Mené en collaboration avec le Musée MCord, ce projet se déploie autour de la collection de gravures sur bois produites par John Henry Walker. Le chantier poursuit trois objectifs : mieux documenter la collection mise en ligne au tournant des années 2000, analyser le Montréal victorien représenté au sein de l’œuvre du graveur, et enfin, mieux connaître les lieux de diffusion des estampes et la pratique professionnelle de Walker. L’analyse, toujours en cours, de près de 375 gravures de paysages urbains montréalais, révèle un dialogue constant entre le discours visuel produit par John Henry Walker et les discours commémoratifs, journalistiques et promotionnels élaborés et diffusés par certains de ses contemporains.

Penser et construire la ville questionne l’existence –ou non– d’une communauté de villes, dont Montréal ferait partie, partageant entre elles des savoirs et savoir-faire en matière d’aménagement et d’urbanisme entre les années 1860/70 et 1930. La place qu’occuperait Montréal au sein de cette communauté qui se serait constituée le long des fleuves Saint-Laurent et Hudson est aussi analysée. La période couverte par notre étude est cruciale dans l’histoire de l’urbanisation, car nombreuses sont les décisions prises à ce moment qui encore aujourd’hui portent à conséquence. Ce projet mènera à la production d’articles et d’une monographie.

Chas. E. Goad Co., Insurance plan of city of Montreal, Quebec, Canada, volume III, 1915, pl. 119

Pour un meilleur accès aux cartes anciennes de Montréal

Jean-François Palomino, Bibliothèque et Archives nationales du Québec
Léon Robichaud, Université de Sherbrooke

Ce projet, mené par le Laboratoire en collaboration avec Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), vise à faciliter l’accès aux plans d’assurance-incendie de Montréal conservés et diffusés par BAnQ, par le géoréférencement des plans et par la mise en ligne d’une carte-index interactive.

Projets terminés


La suburbanisation n’est pas une nouveauté dans l’Amérique du Nord des années 1950, mais c’est durant cette décennie qu’elle se déploie de manière spectaculaire, à la fois dans l’espace urbain et dans l’imagination. Rapidement mise en scène au cinéma et à la télévision, analysée et critiquée par des journalistes et des sociologues, cette massification du rêve suburbain s’impose comme un phénomène majeur des « Trente glorieuses ». Cela dit, lorsqu’on arpente la géographie mémorielle québécoise de cette période, la banlieue se fait plutôt discrète. Dans le cadre de ce projet, cet angle mort de la mémoire collective québécoise a été exploré en analysant et en comparant les discours publicitaires élaborés dans les années 1950 et 1960 pour vendre aux Montréalais, anglophones et francophones, le rêve suburbain.

Le Golden Square Mile, espace urbain en mutation (1945-1980)

Harold Bérubé, Université de Sherbrooke

À partir du milieu du XIXe siècle, le (Golden) Square Mile s’impose comme l’espace résidentiel privilégié de la haute bourgeoisie anglo-montréalaise. À partir de l’entre-deux-guerres, cette position devient intenable devant le développement du centre-ville de Montréal et celui de nouvelles banlieues élitaires plus excentrées. Ce projet a pour objectif d’étudier et de comprendre les principales étapes de cette transformation ; d’identifier ses acteurs et ses mécanismes ; de mettre en lumière les jeux de pouvoir et les résistances qui ont marqué cette mutation urbaine. Ce projet mènera à la production de communications et d’articles, mais aussi à la géolocalisation et à la diffusion d’une partie des données rassemblées.

Une gouvernance municipale en construction dans un Québec en mutation (1855-1939)

Harold Bérubé, Université de Sherbrooke

Amélie Bourbeau, Université de Sherbrooke

Ce projet de recherche vise à mettre au jour comment, historiquement, s’est construite la gouvernance municipale au Québec, entre 1855 et 1939. Dans ce contexte, nous souhaitons identifier les acteurs et les mécanismes du processus de construction d’une culture politique et d’expertises propres au palier municipal, en analysant les rapports entre administration locale et société civile, et les rôles que joue chacune de ses composantes à l’échelle municipale. Trois villes ont été choisies, pour leur taille moyenne, leur développement économique apparenté et les liens (commerciaux, sociaux et politiques) qu’elles ont pu entretenir entre elles : Sherbrooke, Saint-Hyacinthe et Saint-Jean-sur-Richelieu. Ce projet mènera à la production de communications et d’articles.

Interpréter et cartographier l’urbanisation de Mercier au début du 20e siècle

William Gaudry, Université du Québec à Montréal

Harold Bérubé, Université de Sherbrooke

Ce projet de recherche vise à faire le portrait socio-économique et démographique des « nouveaux développements » qui se concurrencent dans Mercier (anciennement Longue-Pointe) au début du 20e siècle. Il servira notamment à hiérarchiser la popularité de ces banlieues, à déterminer le profil type des chefs de ménage qui s’y établissent et, enfin, à visualiser les trajectoires géographiques de ces derniers à partir de leur dernière adresse connue. Le projet de recherche mettra à profit la cartographie QGISis, qui permettra de localiser les projets domiciliaires étudiés ainsi que plusieurs moyennes statistiques (âge des chefs de ménage, salaire annuel, nombre d’enfants, religion, ethnicité, etc.).