Le Laboratoire d’histoire et de patrimoine de Montréal (LHPM) a tenu sa journée annuelle le 6 juin dernier sous le signe des échanges, de la découverte et de la mise en valeur des projets de sa programmation scientifique. Chercheurs, membres étudiants et partenaires se sont réunis pour partager l’avancement de leurs travaux et réfléchir collectivement aux multiples façons de comprendre et de faire vivre l’histoire de Montréal.
Les dernières nouvelles du LHPM
L’après-midi s’est ouvert avec une série de présentations consacrées aux dernières nouvelles du LHPM. Marie Pigelet, coordonnatrice et membre étudiante du LHPM, a présenté la série de balados Dans les coulisses de l’histoire, désormais disponible sur la plateforme Karacal, qui propose des contenus audios géolocalisés. Ce projet vise à mettre en valeur les travaux de recherche étudiante portant sur l’histoire et le patrimoine montréalais. Paul-André Linteau, cochercheur au sein du LHPM, a ensuite dressé un bilan des deux grands instruments numériques du Laboratoire, la Bibliographie sur l’histoire de Montréal et la Chronologie de Montréal, et esquissé leurs perspectives d’avenir. Enfin, Laura Barreto Palacio, chargée des projets numériques du LHPM, a soulevé les enjeux entourant la migration des serveurs de l’équipe, un défi incontournable pour la pérennité de nos outils numériques, dont fait partie SCHEMA.
Place à la relève
La journée annuelle du LHPM a mis en valeur la relève étudiante à travers les présentations de trois boursiers. Sonia Blouin a exposé son projet doctoral sur la danse orientale au Québec, combinant analyse culturelle et cartographie interactive. Thomas d’Amour, étudiant à la maîtrise, s’est penché sur l’histoire de la publicité de mode dans La Presse au tournant du XXe siècle, révélant l’évolution des entreprises commerciales en milieu francophone et leurs stratégies promotionnelles. Enfin, Claudèle Richard a présenté sa recherche doctorale sur l’axe ferroviaire LaSalle-Hochelaga et son impact sur l’aménagement du territoire montréalais, dans une perspective historique et de durabilité urbaine. Ces travaux illustrent le dynamisme et la diversité des approches portées par la nouvelle génération de chercheurs.
Les espaces montréalais : entre conflits politiques et apprentissages urbains
La réflexion s’est ensuite déplacée vers la question des espaces montréalais, envisagés à la croisée de tensions politiques et d’expériences formatrices. Les travaux de Joanne Burgess, professeure émérite et codirectrice du LHPM, et Laura Barreto Palacio, menés en étroite collaboration avec Pointe-à-Callière, se sont attachés à reconstituer, à partir des dépositions liées aux évènements de 1849, le déroulement de l’incendie du Parlement. L’utilisation de la plateforme Transkribus pour la transcription des sources ouvre la voie à une analyse fine des acteurs impliqués, des témoins mobilisés et des lieux fréquentés au cours de cette soirée marquante. Une cartographie a été présentée, donnant à voir la richesse de ces matériaux et leur potentiel d’interprétation historique. En parallèle, Joanne Burgess et Francis Lapointe, à partir d’un travail en partenariat avec le Vice-rectorat associé à la relance du Quartier latin, ont proposé une réflexion sur ce quartier et ses nombreux « lieux apprenants », soulignant comment cet espace a été façonné par des dynamiques sociales et culturelles qui en ont fait un laboratoire urbain singulier.
Les acteurs locaux : de la recherche à l’engagement

La journée s’est poursuivie avec une réflexion sur les acteurs locaux et l’engagement citoyen en histoire, mettant en lumière la diversité des initiatives qui conjuguent recherche, médiation et participation communautaire. Plusieurs initiatives phares ont été mises en valeur dont les travaux du projet ECHiPa (Engagement citoyen en histoire et patrimoine) et ceux de l’équipe Agents mémoriels présenté par Martin Drouin, directeur du LHPM et professeur au DEUT, Alain Roy, MariFrance Charrette, tous deux collaborateurs du LHPM, et Rick Smith, citoyen. Cette recherches-action illustrent la manière dont la collaboration entre chercheurs et citoyens peut favoriser la production de savoirs historiques tout en soutenant des démarches de valorisation du patrimoine.
À la suite de cette présentation, Martin Drouin et Laure Barrachina, du MEM, ont dévoilé la série de rendez-vous mensuels « Histoire et patrimoine, une affaire citoyenne! » qui se tiendront de septembre 2025 à avril 2026 au MEM (voir autre article dans ce bulletin).
Lors de la journée, Olivier Dufresne, directeur de l’Atelier d’histoire Mercier-Hochelaga-Maisonneuve (AHMHM), Laura Barreto Palacio et Matthieu Mazeau (AHMHM) ont présenté leur projet de carte-index interactive. Celle-ci permet de géolocaliser une partie de la collection iconographique de l’AHMHM, photographies et illustrations parfois centenaires, afin de mettre en lumière l’histoire quotidienne des quartiers de Mercier, Hochelaga et Maisonneuve. L’application, appuyée sur un croisement entre SIG et sources historiques, est maintenant accessible sur la page SCHEMA du LHPM (voir autre article dans ce bulletin).
Enfin, Olivier Dufresne et Matthieu Mazeau (AHMHM) ont présenté le projet « Parler d’histoire dans la ville : Les panneaux d’interprétation historique à Montréal ». Cette initiative vise à recenser et localiser les panneaux d’interprétation historique présents sur l’île de Montréal, puis à élaborer un guide de réalisation afin de partager les résultats de l’enquête avec d’autres organismes en histoire et patrimoine.
La journée annuelle du LHPM a une fois de plus démontré la vitalité de l’équipe de recherche en partenariat et la diversité de ses projets. Entre recherche, innovation numérique et engagement citoyen, elle illustre la richesse des collaborations qui font vivre l’histoire et le patrimoine de Montréal.




















