De mai à août 2024, le Laboratoire a accueilli le stagiaire Marco Barbosa, étudiant au Master Intelligence des données de la Culture et des Patrimoines à l’Université de Tours. Ce stage d’une durée de quatre mois a eu lieu dans le cadre de son programme, qui conjugue les humanités numériques et la valorisation de la culture et des patrimoines et qui engage ses étudiants à effectuer un stage crédité à la fin de leurs études visant à mettre en application les apprentissages reçus pendant leur formation.
Le stage a été construit sur mesure afin de répondre aux besoins de Marco et du Laboratoire. Supervisé par Joanne Burgess, professeure au Département d’histoire de l’UQAM et directrice du LHPM, l’étudiant a contribué à trois projets où les systèmes d’information géographique-historique (SIG-H) sont au service de l’analyse et de la valorisation de données historiques. Ce faisant, il s’est familiarisé progressivement avec divers types de sources historiques pouvant alimenter les recherches sur l’histoire de Montréal.
Marco a d’abord été initié à l’espace montréalais en participant au projet Pour un meilleur accès aux cartes anciennes de Montréal. Ce chantier de recherche, mené depuis une décennie par le LHPM en collaboration avec BAnQ, vise à faciliter l’accès aux plans d’assurance-incendie, aux atlas de Montréal de Charles Goad et aux plans d’utilisation du sol grâce à leur géoréférencement et par la mise en ligne de cartes-index interactives. Encadré par Laura Barreto Palacio, agente de recherche en SIG-H au LHPM, Marco a poursuivi le géoréférencement de planches des atlas Goad de 1912-1914. Cette opération a permis de compléter la carte-index des atlas Goad 1912-1914. Grâce au travail du stagiaire, il a aussi été possible d’étendre la couverture géographique de la carte-index des plans d’assurance-incendie. Il a en effet géoréférencé les plans d’assurance-incendie de Sainte-Anne-de-Bellevue, de Pointe-Claire et de Saint-Laurent, qui n’y figuraient pas auparavant.
Marco a par la suite pris part au projet Géolocaliser les images des albums de rues Massicotte. Il a ainsi pu découvrir un autre projet de longue date mené par le Laboratoire et BAnQ, plus complexe et exigeant la maîtrise d’un autre corpus de sources historiques. Ce projet vise à offrir au public une interface cartographique permettant de repérer le contenu d’une collection particulièrement appréciée des historiens et des amateurs d’histoire de Montréal, soit la collection d’albums de rues Massicotte. Ces images dépeignent diverses facettes du Montréal des années 1850 à 1920, notamment le paysage bâti de l’époque. Elles présentent plusieurs bâtiments aujourd’hui disparus ou modifiés qui n’auraient pas été documentés autrement. Par le biais de ce projet, l’étudiant a appris comment combiner les informations contenues dans divers types de sources historiques, telles que les annuaires Lovell et des cartes anciennes, et exploiter la plateforme SCHEMA pour géolocaliser des édifices représentés dans l’iconographie. En plus de créer des cartes et des applications interactives, SCHEMA permet d’éditer en temps réel et de traiter de manière collaborative les jeux de données, les cartes et les applications du Laboratoire. Marco ainsi a géolocalisé 213 bâtiments, portant le nombre total d’images intégrées à l’application cartographique à 4 491.
Finalement, le stagiaire a contribué au projet en démarrage Devenir Montréalais au 19e siècle, piloté par Joanne Burgess. L’un des volets de ce projet vise à comprendre les dynamiques migratoires des marchands de « dry goods » canadiens-français du Montréal victorien et à les comparer à celles de leurs fratries. Ce fut l’occasion pour Marco de s’initier à la collecte de données issues principalement de l’état civil, comme les lieux de naissance, de mariage et de décès. Il a pu comprendre les difficultés et les lacunes inhérentes au traitement de ces sources, mais aussi comment l’historien crée des données à partir de celles-ci. Ainsi, il a mesuré la complexité de la représentation des mouvements migratoires par les historiens. L’expérience acquise par Marco lors des phases précédentes de son stage lui a permis de participer à la phase exploratoire de ce projet en élaborant des stratégies pour organiser et représenter les données récoltées. Il a de ce fait développé des prototypes de cartes illustrant les déplacements des membres des fratries des marchands de « dry goods ».
Toute l’équipe remercie Marco pour son passage et pour cette fructueuse collaboration!

