À la découverte de la plateforme Transkribus 

Le 3 décembre 2024, une vingtaine de chercheurs, partenaires et membres étudiants du Laboratoire d’histoire et de patrimoine de Montréal ont participé à une formation sur la plateforme Transkribus, animée par Léon Robichaud, codirecteur du LHPM et professeur titulaire au Département d’histoire de l’Université de Sherbrooke. Les participants y ont pu amorcer leur apprentissage de cet outil exceptionnel de reconnaissance et de transcription automatique de documents historiques manuscrits. 

La formation offerte par Léon Robichaud visait à présenter la plateforme Transkribus et sa contribution potentielle à la recherche historique, à décrire son rôle au sein d’un important projet de recherche consacré à l’histoire de la Nouvelle-France, puis à piloter un atelier pratique d’initiation à la plateforme et à ses fonctionnalités.  

La plateforme Transkribus a été développée pendant la dernière décennie dans le cadre de grands projets de recherche européens. Il s’agit d’une plateforme d’intelligence artificielle (IA) qui soutient la numérisation et la transcription de documents historiques imprimés, dactylographiés et, surtout, manuscrits. Elle permet notamment de reconnaître automatiquement le texte, la mise en page et la structure des documents en s’appuyant sur des modèles d’IA personnalisés spécifiquement entraînés à reconnaître l’écriture manuscrite de documents produits à diverses époques. Transkribus favorise le travail collaboratif et permet également d’enrichir le matériel initial en balisant son contenu (noms de lieux, de personnes, d’institutions, etc.) et en lui associant des métadonnées. Il devient dès lors possible d’effectuer des recherches au sein d’importants corpus de documents. 

Léon Robichaud et ses collaborateurs au sein du vaste partenariat Nouvelle-France numérique  figurent parmi les pionniers québécois de l’exploitation de cette plateforme. Ils œuvrent au traitement de vastes corpus d’archives de la Nouvelle-France – documents administratifs, archives notariales, registres d’état civil – le plus souvent manuscrits. Le recours au travail collaboratif et à l’intelligence artificielle (IA) accroît leur accessibilité et rend possibles de nouvelles analyses. Fort de cette expérience, Léon Robichaud a conçu un atelier pratique au sein duquel les participants ont pu être initiés aux caractéristiques de la plateforme et à ses fonctionnalités. La formation leur a permis de comprendre l’organisation de l’interface de Transkribus et de ses différentes barres d’outils, ainsi que les modalités de téléchargement, de classement et de consultation des collections de documents. Les personnes présentes ont ensuite pu explorer la plateforme et vérifier leur maîtrise des enseignements du formateur à partir d’une petite collection de documents provenant de fonds de Bibliothèque et Archives Canada et des Archives nationales du Québec à Montréal.  

Outre son apport à l’équipe Nouvelle-France numérique, la plateforme Transkribus joue un rôle central dans deux autres projets en cours au sein du Laboratoire. D’abord, dans le cadre du vaste projet Le marché Sainte-Anne, le Parlement et Montréal-Capitale: nouveaux regards et reconstitution 4D, piloté par Pointe-à-Callière de concert avec le LHPM, un nouveau chantier, « Montréal capitale : géolocalisation des témoins de l’incendie du parlement (1849) », approfondit l’analyse de l’incendie du parlement de la province du Canada survenu le 25 avril 1849. Cette recherche scrute les nombreuses dépositions recueillies auprès de témoins des événements et fait appel à Transkribus pour transcrire et baliser ces documents manuscrits. Mené sous la direction des archéologues Louise Pothier, cochercheuse au sein du LHPM, et François Gignac de Pointe-à-Callìère, ce projet a bénéficié de l’apport de l’adjoint et membre étudiant Samir Skakni pour cette entreprise de transcription, alors que Joanne Burgess, directrice du LHPM, et Laura Barreto Palacio, coordonnatrice des projets numériques, s’affairent à la géolocalisation des acteurs et au développement d’une cartographie interactive permettant de reconstituer le déroulement de cette soirée mouvementée. Transkribus est aussi mobilisé par Jean-François Palomino, professeur au Département d’histoire de l’UQAM et collaborateur au sein du LHPM, pour ses recherches à propos de l’histoire des toponymes de la Nouvelle-France.  

Le LHPM remercie chaleureusement M. Robichaud pour cette formation enrichissante ouvrant de nouvelles perspectives de recherche pour de nombreux chercheurs, partenaires, étudiantes et étudiants.