MTL 1849 : Un colloque pour commémorer les 175 ans de l’incendie du parlement de Montréal 

Les 26 et 27 avril 2024 s’est tenu le colloque MTL 1849. Organisé par Pointe-à-Callière, il rassemblait une vingtaine de chercheurs, incluant plusieurs membres du LHPM, qui ont exploré la signification de l’année 1849 dans l’histoire sociale, culturelle et politique de Montréal et de la province du Canada. 

Le 25 avril 1849, il y a 175 ans, le parlement de la province du Canada à Montréal a été réduit en cendres pendant une violente manifestation organisée par un groupe de torys. Afin de commémorer cet événement sans précédent dans l’histoire canadienne dans une perspective élargie, celui-ci a fait l’objet du colloque MTL 1849, organisé par l’équipe de Pointe-à-Callière, cité d’archéologie et d’histoire de Montréal, avec à sa tête la conservatrice et archéologue en chef Louise Pothier1, cochercheuse au LHPM. Ce colloque s’est déroulé du 25 au 27 avril 2024 et a bénéficié de la collaboration de partenaires qui ont contribué à enrichir la programmation, soit le Château Ramezay, le Site historique Marguerite-Bourgeoys et la Bibliothèque de l’Assemblée nationale du Québec. Le LHPM était également de la partie, puisque sa directrice Joanne Burgess, professeure associée au Département d’histoire de l’UQAM, œuvrait au sein du comité organisateur. Ce projet a été réalisé grâce à une subvention du gouvernement du Québec. 

Le coup d’envoi de l’événement a été donné le jeudi 25 avril lors d’un cocktail d’ouverture tenu au Château Ramezay – la « Maison du gouvernement » de l’époque, alors que John Ralston Saul a prononcé une allocution portant sur le legs démocratique de cette page d’histoire encore trop méconnue.  

Les vendredi et samedi suivants, les participants réunis à Pointe-à-Callière ont pu entendre 13 conférenciers et conférencières discuter de la signification de l’année 1849 dans l’histoire sociale, culturelle et politique de Montréal et de la province du Canada. À cette occasion, plusieurs membres du Laboratoire ont présenté des communications. Le 26 avril, Joanne Burgess a examiné le contexte économique que traverse Montréal en 1849, contexte qui a très certainement contribué aux débordements torys et à l’incendie du parlement, à travers la présentation « Montréal, 1849 : L’économie d’une ville coloniale dans un Empire en mutation ». 

Le 27 avril, ce fut au tour d’Alain Roy d’offrir la communication « Le testament de Lord Elgin : 1849 et le lien impérial ». Dans le cadre de celle-ci, l’historien et cochercheur au LHPM s’est intéressé au bilan qu’a dressé le gouverneur de son séjour au Canada. Publié cinq ans après le bruit et la fureur tory, le document témoigne au contraire d’une pacification intérieure et d’une intégration nouvelle dans l’Empire. 

Quant à elle, la présentation de François Gignac, archéologue à Pointe-à-Callière, intitulée « Du SIG à l’intelligence artificielle : Découvrir les mystères du parlement grâce aux humanités numériques », a exploré l’histoire du parlement de la province du Canada grâce à une approche axée sur les nouvelles technologies. Soulignons que M. Gignac est responsable d’un projet portant sur l’analyse des dépositions produites par des témoins de l’incendie du parlement en 1849. 

Hendrik Van Gijseghem, chargé de projet en archéologie à Pointe-à-Callière et cochercheur au Laboratoire, a pour sa part livré la communication « ’’En conséquence de l’incendie de l’édifice…’’ : L’étonnante préservation archéologique des vestiges du parlement ». Ce fut l’occasion pour lui d’exposer les faits saillants de plus d’une décennie de recherches archéologiques sur le site et sa collection. Soulignons que M. Van Gijseghem est responsable du projet Archéovue, qui permet de visualiser en 3D les centaines de milliers d’artefacts découverts lors des fouilles de grande envergure qui ont eu lieu à la place d’Youville sur le site des marchés Sainte-Anne et du parlement du Canada.  

Plus largement, le projet Analyse et visualisation des collections archéologiques, mené en partenariat avec le LHPM et dans lequel s’insère Archéovue, permettra de réaliser de nouvelles études sur cette collection de grande envergure en vue des expositions qui viseront à mettre en valeur le site et ses vestiges. Ce projet est en outre étroitement lié à un autre chantier du Laboratoire, soit Le marché Sainte-Anne, le Parlement et Montréal-Capitale: nouveaux regards et reconstitution 4D. Dirigé par Joanne Burgess, Louise Pothier et Alain Roy, le projet adopte une approche multidisciplinaire, combinant des recherches en histoire, en archéologie, sur la culture matérielle et une modélisation 4D, pour favoriser une appréhension globale du lieu et de son environnement. 

Outre les présentations des chercheurs, des activités culturelles furent offertes aux participants. Le 26 avril, ils ont effectivement pu prendre part à une visite guidée de trois sites patrimoniaux : le site archéologique du parlement à la place D’Youville, le Château Ramezay et la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours. Enfin, le colloque s’est conclu le 27 avril sur une note musicale avec le « Grand Concert » donné par le Studio de musique ancienne de Montréal à la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours. Le programme s’est inspiré notamment d’un concert donné au marché Sainte-Anne le 5 octobre 1843, là où le parlement s’installera l’année suivante. 

En somme, les participants ont apprécié le haut niveau des présentations et des échanges. Comme l’exprime la conférencière Elsbeth A. Heaman (Université McGill), « Le colloque […] a offert une série spectaculaire d’événements, combinant des conversations savantes substantielles et de magnifiques activités culturelles2 ». André Delisle (Château Ramezay) a pour sa part souligné leur qualité, qui a provoqué des discussions stimulantes sur cette période négligée de l’histoire montréalaise. Pas de doute, l’année 1849 a « métamorphosé Montréal3 », ce qu’a brillamment mis en lumière ce colloque!  

Les contenus des conférences et des tables rondes seront accessibles sur la chaîne YouTube de Pointe-à-Callière d’ici la fin mai. Les actes du colloque seront également publiés. Une histoire à suivre! 

1 Le présent article a été rédigé avec l’aimable collaboration de Louise Pothier, que l’équipe tient à remercier.
2 Traduction libre
3 Robert Y. Girard