Analyse et visualisation des collections archéologiques

Les fouilles de grandes envergures qui ont eu lieu à la place d’Youville sur le site des marchés Sainte-Anne et du parlement du Canada ont mis au jour plusieurs centaines de milliers d’artefacts. L’ampleur de cette collection a mené Pointe-à-Callière à s’associer à l’UQAM et à l’Université de Sherbrooke pour développer de nouvelles applications visant à en faciliter l’analyse et la visualisation. La plateforme SCHEMA a été adapté pour y intégrer de nouvelles formes de visualisation graphique et pour permettre de consulter des objets numérisés dans le nouveau visualiseur 3D Archéovue.


De 2010 à 2017, des archéologues ont mené plusieurs campagnes de fouilles à la place d’Youville. Les 400 000 artefacts découverts lors de ces fouilles étaient répartis sur une zone de 20 mètres de largeur et de 50 mètres de longueur. Les archéologues ont défini six périodes associées à la stratigraphie du site. Les outils utilisés traditionnellement pour l’analyse des artefacts, que ce soit la base de données ou le chiffrier électronique, permettent difficilement de rendre compte de la répartition spatiale des objets en lien avec le bâti. De nouveaux outils devenaient ainsi nécessaires pour répondre aux besoins d’analyse et de visualisation des spécialistes. Les sources de financement usuelles ne répondant pas aux besoins d’un tel projet, centré sur la recherche et le développement, nous avons soumis une demande au programme Passeport Innovation du Ministère de l’Économie, des Sciences et de l’Innovation (2018).

Le projet devant répondre à des besoins d’analyse et de visualisation spatiale ainsi qu’à établir un processus de numérisation 3D et de développement d’un visualiseur, Pointe-à-Callière a fait appel au Laboratoire d’histoire et de patrimoine de l’UQAM pour le volet spatial et à l’Université de Sherbrooke pour le volet numérisation et visualisation 3D. La firme MapGears a adapté la plateforme géomatique SCHEMA pour y intégrer une visualisation graphique des données qui permet de représenter les différentes périodes historiques, les types d’artefacts et le nombre. La plateforme permet aussi d’identifier les artefacts numérisés pour que les usagers puissent cliquer sur l’icône d’un artefact pour consulter la version numérisée. Les données n’étant pas saisies en fonction d’une telle application, les carrés de fouilles ont été géoréférencés, les données normalisées et les abréviations converties dans les termes complets. Deux techniques de numérisation ont été testées (lasergrammétrie et photogrammétrie) afin d’identifier celle qui rencontrait le mieux les besoins du musée selon la nature des objets. Pour la majorité des objets, la photogrammétrie est devenue la technique la plus appropriée. Plus de 100 objets ont été photographiés et la transformation des photos en modèles 3D se poursuit. Les objets modélisés sont déposés sur la plateforme Archéovue, laquelle échange des informations avec SCHEMA afin d’éviter la duplication de données. Le visualiseur, développé par Nicolas Spiric à partir du Chronomorphe, permet d’abord de gérer le dépôt des objets et des métadonnées de numérisation, de définir la position et les vues par défaut, et évidemment d’examiner les objets et de consulter les données qui leur sont associées. Un document explique d’abord les concepts de numérisation 3D puis guide les futurs utilisateurs dans chaque étape de lasergrammétrie ou de photogrammétrie, selon la technique choisie. Le volet dépôt d’Archéovue comprend une section d’aide qui explique comment intégrer les objets 3D en les associant à leur fiche dans la base de données de SCHEMA.

Suite à ce projet, Pointe-à-Callière pourra poursuivre la numérisation des artefacts et leur intégration dans Archéovue. L’analyse des données et la numérisation des objets permettront de réaliser de nouvelles études sur cette collection de grande envergure en vue des expositions qui viseront à mettre en valeur le site et ses vestiges.


Réalisations

Communications et conférences

  • BLOUIN, Sonia, «Les défis de la numérisation en 3D des objets provenant des fouilles archéologiques», Journée annuelle du LHPM, Montréal, 24 mai 2019.
  • PETIT, Kim, «Analyse de données archéologiques avec SCHEMA», Journée annuelle du LHPM, Montréal, 24 mai 2019.
  • PETIT, Kim, «Analyse de données archéologiques avec SCHEMA», Journée annuelle du LHPM, Montréal, 18 mai 2018.
  • ROBICHAUD, Léon, Hendrik VAN GIJSEGHEM, Kim PETIT et Joanne BURGESS,  «Managing and Analyzing Archaeological Data with  GIS: the Case of Place D’Youville, Montréal», communication présentée dans le cadre du congrès Digital Heritage, San Francisco, 26-30 octobre 2018.
  • SPIRIC, Nicolas, «Visualiser et manipuler sur le web les objets numérisés : Archéovue», Journée annuelle du LHPM, Montréal, 24 mai 2019.
  • SPIRIC, Nicolas, Vanessa BLAIS, et Léon ROBICHAUD, «L’intégration des objets numérisés dans un SIG : Archéovue»,  Journée annuelle du LHPM, Montréal, 18 mai 2018.
  • VAN GIJSEGHEM, Hendrik, «Introduction à la séance Cartographie numérique et interactivité 3D au site du Parlement/Marché Sainte-Anne : explorer et comprendre les grands assemblages archéologiques», Journée annuelle du LHPM, Montréal, 24 mai 2019.
  • VAN GIJSEGHEM, Hendrik, «Cartographie numérique et interactivité 3D au site du Parlement/Marché Sainte-Anne : explorer et comprendre les grands assemblages archéologiques», Journée annuelle du LHPM, Montréal, 18 mai 2018

Soutien financier

        

Responsables

  • Léon Robichaud, professeur, Département d’histoire, Université de Sherbrooke
  • Joanne Burgess, professeure, Département d’histoire, UQAM
  • Louise Pothier, conservatrice et archéologue en chef, Pointe-à-Callière, cité d’archéologie et d’histoire de Montréal, Pointe-à-Callière, cité d’archéologie et d’histoire
  • Hendrik Van Gijseghem, chargé de projet, Pointe-à-Callière, cité d’archéologie et d’histoire
  • Vanessa Blais, professeure, Technique d’intégration multimédia, Collège Édouard-Montpetit

Professionnelle de recherche

  • Laura Barreto Palacio, agente de recherche en systèmes d’information géographique-historique (SIG-H)
  • Kim Petit, agente de recherche, coordination des projets numériques, LHPM

Personnel de recherche

  • Sonia Blouin, étudiante, Université de Sherbrooke (2018-2019
  • Gabrielle Thériault, étudiante, Université de Sherbrooke (2019)

Application informatique