Le projet « D’ “antiquaires” à agents mémoriels » présenté à Berlin  

Alain Roy, historien/analyste principal pour Bibliothèque et Archives Canada et cochercheur au LHPM, a pris part à la 6e conférence mondiale de la Fédération internationale d’histoire publique (FIHP). Après deux ans de report, celle-ci s’est tenue à la Freie Universität Berlin (Université libre de Berlin) du 16 au 20 août 2022. Il y a présenté une vue d’ensemble du projet D’« antiquaires » à agents mémoriels : sociétés historiques et associations de citoyens dans la valorisation du passé, mené dans le cadre du Laboratoire. La participation de M. Roy à cette conférence a d’ailleurs été rendue possible grâce au soutien financier du LHPM, de la Fédération Histoire Québec et de la Freie Universität Berlin.

Ce congrès était organisé par la FIPH, qui existe depuis 2011 et qui se consacre à la création d’une communauté internationale et multilingue d’historiens publics travaillant tant à l’extérieur qu’à l’intérieur du milieu universitaire. Pour ce faire, la Fédération crée et coordonne des réseaux et des associations nationales d’histoire publique, en plus de promouvoir l’enseignement, la recherche et d’autres activités qui engagent le public avec le passé, l’histoire et les mémoires individuelles et collectives. Ces questions furent au cœur des discussions à Berlin, et le défi fut relevé haut la main.

Pendant trois jours, 51 panels, 7 ateliers et 3 groupes de travail, organisés en dix séances parallèles, de même qu’une session d’affiches et des expositions temporaires ont en effet favorisé de multiples échanges. Ce congrès tant attendu a donc été l’occasion de faire le point sur divers aspects de l’histoire publique. De fait, parmi l’ensemble des communications, quelques thèmes forts se sont démarqués, tels que les usages politiques de l’histoire et de la mémoire, l’histoire publique et les arts ainsi que le numérique et les médias sociaux. Le thème de la collaboration, de l’engagement et de la science citoyenne en histoire fut en outre l’un des sujets les plus largement abordés, montrant toute l’actualité du sujet. 

C’est d’ailleurs à la séance Public History And Citizen Science, qui a eu lieu le jeudi 18 août, qu’a participé M. Roy. Quatre projets ou expériences y étaient présentés. Tout d’abord, Michael Hammer (Autriche) présentait une expérience de participation citoyenne dans un projet d’exposition, et notamment les enjeux qui se posent dans la sélection des documents d’archives qui y seraient présentés. Joella Van Donkersgoed (Luxembourg), chercheuse postdoctorale qui coordonne HistorEsch : Activités d’histoire publique dans la ville d’Esch-sur-Alzette (voir aussi https://historesch.lu/) dans le cadre du projet PHACS (Public History as the New Citizen Science of the Past), présentait la démarche de collecte de récits et d’objets en tenant compte de la diversité des voix, des langues et des niveaux d’engagement. Pour sa part, Violeta Tsenova (Luxembourg), également chercheuse postdoctorale au projet PHACS, présentait un projet de design participatif d’un lieu d’interprétation du National Trust, le Seaton Delaval Hall. Cette démarche fut l’objet de sa thèse de doctorat à l’université de Newcastle, au Royaume-Uni (2022), dont les conclusions sont reprises dans un article (« Designing with Genius Loci: An Approach to Polyvocality in Interactive Heritage Interpretation »).

La communication de M. Roy, intitulée « Citizen history and community engagement: a reappraisal of the professional / ‘’amateur’’ relationship and its evolution in Quebec », clôturait la session (voir la présentation ici). Il y présentait une vue d’ensemble du projet D’« antiquaires » à agents mémoriels : sociétés historiques et associations de citoyens dans la valorisation du passé, qu’il dirige en compagnie de Martin Drouin, professeur au Département d’études urbaines et touristiques de l’UQAM et membre du bureau de direction du LHPM, et de MariFrance Charette, directrice générale de la Fédération Histoire Québec et collaboratrice du Laboratoire. Ce projet vise à saisir l’ampleur et la diversité des contributions des sociétés d’histoire dans l’étude du passé grâce à la recherche participative. Alors que le concept de science citoyenne se déploie dans divers domaines scientifiques, le projet entend revisiter les contributions de ces organisations pour mieux saisir les caractéristiques, l’ampleur et la diversité de leurs apports. Comme l’a souligné l’historien, la recherche se déploie ainsi sur deux axes : diachronique d’abord, pour en comprendre les mutations de la perspective « antiquaire » à la science citoyenne; synchronique ensuite, pour en saisir les multiples facettes. Enfin, il a abordé l’apport du programme Engagement du FRQ, qui permet au citoyen-chercheur Richard Smith de s’associer au projet, favorisant une culture de démocratisation des connaissances scientifiques au sein de la société québécoise.

Par ailleurs, la participation de M. Roy, en tant que chercheur du Laboratoire, a aussi permis de consolider les liens avec divers membres de la FIPH, notamment en vue du colloque qui sera organisé en octobre 2023 sur la participation citoyenne en histoire et en patrimoine. En somme, au-delà du projet lui-même, cette présence rejaillit sur le LHPM, construisant des liens significatifs au sein du réseau international d’histoire publique. 

Pour en savoir plus :  

Texte d’Alain Roy