Marché Sainte-Anne et Parlement du Canada-Uni (1832-1849) : volet modélisation

Ce projet, réalisé en collaboration avec Pointe-à-Callière, cité d’archéologie et d’histoire de Montréal, constitue le volet numérique de la recherche menée sur le premier marché Sainte-Anne à Montréal. Son objectif est de proposer une ou plusieurs hypothèses de restitution virtuelles de ce cadre bâti, basées sur l’analyse et la synthèse des informations collectées à partir de l’examen des sources documentaires (iconographiques et textuelles) et matérielles (vestiges architecturaux et artefacts). Ces sources sont associées au modèle 4D qui formalise l’évolution temporelle du bâtiment. Le tout constitue un environnement numérique utilisé par les chercheurs, archéologues et membres décideurs du musée, comme instrument de recherche et de planification. Par ailleurs, il peut être employé comme outil de médiation destiné aux visiteurs du musée.


  • Façade sud du Marché Sainte-Anne selon le projet d'architecture de 1832, Modélisation réalisée par Nathalie Charbonneau, Laboratoire d'histoire et de patrimoine de Montréal

Dans le cadre de ce projet mené en collaboration avec Pointe-à-Callière, cité d’archéologie et d’histoire de Montréal, nous avons réalisé un modèle 4D formalisant l’évolution de l’ancien marché Sainte-Anne. Le projet a été développé par phases, chacune correspondant à une étape de l’évolution du bâti : le projet d’architecture, la construction effective du marché et son premier aménagement, la modification du bâtiment pour accueillir le Parlement, enfin, sa destruction.

Chacune des phases s’appuie sur des sources contemporaines du bâti : plans d’architecture, cahiers des charges, descriptions, documents comptables, représentations d’artistes, ainsi que les vestiges et artefacts mis au jour par les archéologues. Ces vestiges ont été numérisés et les nuages de points obtenus nettoyés et découpés afin d’isoler les différentes portions de bâtiment (fondations, piliers, cheminées, etc.). Ces dernières ont été insérées dans le modèle 4D élaboré à partir des documents disponibles, permettant la confrontation des sources.

La méthode de modélisation est basée sur le recours à l’objet paramétrique, c’est-à-dire que les éléments architecturaux qui composent le modèle sont décrits dans un langage de programmation faisant appel à des paramètres (positions, dimensions, matériaux, année d’apparition et de disparition de l’élément architectural, etc.). Les valeurs associées à ces paramètres sont stockées dans une base de données. Ainsi, le modèle 4D est apte à faire office d’outil d’aide à la recherche. En effet, il est possible de procéder à des mises à jour itératives de la base de données, et donc du modèle, au fil des hypothèses et découvertes, produisant de nouvelles versions du modèle.

Le tout constitue un environnement numérique utilisé par les chercheurs, archéologues et membres décideurs du musée, leur permettant de mieux comprendre l’évolution du site et la multiplicité des hypothèses de restitution, ainsi que de décider des développements de la recherche future (dont les fouilles à prévoir) et la direction à donner aux travaux d’extension du musée, incluant la mise en scène de l’espace muséal.

À terme, l’environnement numérique pourrait être utilisé par le musée comme outil de médiation destiné à ses visiteurs. En effet, nous avons procédé à des expérimentations visant à importer le modèle et les fichiers liés dans un moteur de jeux. La plateforme d’accueil permet à l’utilisateur de naviguer de façon conviviale au sein de l’environnement numérique, de se mouvoir d’une époque à l’autre, de manipuler dans l’espace virtuel les artefacts découverts sur le site et d’observer tour à tour les diverses hypothèses de restitution du bâti. Le mandat de cet environnement numérique est d’aider l’utilisateur à mieux comprendre l’évolution du site et à prendre conscience de la multiplicité des hypothèses de restitution pouvant coexister.


Réalisations

Publications

  • CHARBONNEAU, Nathalie, Anna THIRION, Léon ROBICHAUD et Joanne BURGESS, « The complementarity of the 3D digitization and 4D modeling processes for the virtual reconstruction of a disappeared building: the case of archaeological excavations of the « Place d’Youville » in Montreal. » (En cours de soumission – Longueur de l’article : 18 pages).
  • THIRION, Anna, Nathalie CHARBONNEAU, Léon ROBICHAUD et Joanne BURGESS, « Le recours aux technologies numériques pour l’étude de contenus à caractère historique et archéologique : Le cas du site de l’ancien marché Sainte-Anne et du Parlement du Canada Uni » (Titre de l’ouvrage non encore défini, longueur de l’article : 35 pages).

Communications et conférences

  • CHARBONNNEAU, Nathalie et Anna THIRION, «Le recours aux technologies numériques pour la diffusion de contenus à caractère historique et archéologique : le cas des fouilles réalisées à la place d’Youville», communication présentée lors de la séance « Le numérique et le tournant spatial en histoire », Colloque De l’histoire au patrimoine : état des lieux et perspectives, dans le cadre du 84e congrès de l’Acfas, Montréal, 10 et 11 mai 2016.
  • THIRION Anna et Nathalie CHARBONNEAU, « Des sources au modèle 4D : le bâtiment ayant hébergé le premier marché Sainte-Anne et le Parlement du Canada-Uni à Montréal », Journée annuelle du Laboratoire d’histoire et de patrimoine de Montréal et du Partenariat Montréal, plaque tournante des échanges, 25 novembre 2016 (BAnQ, Grande bibliothèque – Salle M.450).

Soutien financier

        

 

Partenaires

Responsables

  • Joanne Burgess, professeure, Département d’histoire, UQAM
  • Louise Pothier, conservatrice et archéologue en chef, Pointe-à-Callière, cité d’archéologie et d’histoire de Montréal
  • Léon Robichaud, professeur, Département d’histoire, Université de Sherbrooke

Professionnels de recherche

  • Nathalie Charbonneau, agente de recherche en patrimoine et numérique, UQAM

Personnel de recherche

  • Anna Thirion, chercheuse postdoctorale, Laboratoire d’histoire et de patrimoine de Montréal, UQAM (2016-)