Au menu : une plongée dans l’histoire gourmande de Montréal

Le 20 mai 2026, une quinzaine de membres du Laboratoire d’histoire et de patrimoine de Montréal se sont retrouvés au Musée McCord Stewart pour une visite commentée de l’exposition Au menu. Montréal : une histoire de restaurants, présentée jusqu’au 18 octobre 2026. Cette soirée a offert un regard différent sur la ville : non pas en mettant en valeur ses monuments ou ses institutions, mais en explorant ses tables et ses odeurs.

La visite a bénéficié de la présence de deux guides d’exception. Gwennaëlle Reyt, docteure en études urbaines (UQAM) et directrice générale des Lauriers de la gastronomie québécoise. Elle est par ailleurs l’une des conceptrices du scénario de l’exposition et a, à ce titre, apporté un éclairage sur les enjeux culturels et identitaires que soulève l’histoire de la restauration montréalaise. Elle était accompagnée d’une médiatrice du Musée, Caroline, qui a guidé le groupe à travers la scénographie conçue pour l’occasion.

Le parcours retrace l’évolution d’une métropole qui s’est construite, en partie, autour de ses restaurants des années 1960 à aujourd’hui. Des Delicatessen du boulevard Saint-Laurent aux tables gastronomiques qui ont fait – et font encore – rayonner Montréal en Amérique du Nord, chaque arrêt de la visite a été l’occasion d’une mise en perspective historique et sociale. De nombreux menus d’époque, artefacts, photographies et extraits documentaires surprennent et enchantent les visiteurs.

Gwennaëlle Reyt a notamment insisté sur le rôle des restaurants comme révélateurs des transformations urbaines et des dynamiques communautaires : espaces d’accueil pour les immigrants, lieux d’émancipation sociale, témoins des mutations économiques. Elle a aussi évoqué quelques figures disparues de la restauration montréalaise, comme le Passe-Partout ou Les Filles du Roy, et a rappelé que Montréal compte aujourd’hui près de 5 000 restaurants en activité, soit près du tiers que compte le Québec, ce qui en fait une véritable capitale gastronomique à l’échelle nord-américaine.

Les échanges ont été riches et animés. Les participants ont posé de nombreuses questions, tant sur les choix muséographiques que sur les défis de la collecte d’archives dans un secteur aussi éphémère que la restauration. La soirée a ainsi oscillé entre réflexion patrimoniale et reconnaissance identitaire. Plus d’un participant a retrouvé, dans les clichés exposés ou les menus affichés, un souvenir personnel, un bout de sa propre histoire montréalaise.

Le Laboratoire remercie chaleureusement le Musée McCord Stewart, Gwennaëlle Reyt et la médiatrice pour la générosité et la profondeur de leurs commentaires.