Juin, Mois national de l’histoire autochtone

Le mois de juin marque au Canada le Mois national de l’histoire autochtone, un moment consacré à la reconnaissance des cultures, des savoirs et des mémoires des Premiers Peuples. À Montréal (en kanien’kehá:ka, Tiohtià:ke désigne Montréal, soit « là où les courants se rencontrent »), des institutions patrimoniales proposent une programmation invitant le public à approfondir sa compréhension des histoires autochtones.

Au Musée McCord Stewart, partenaire du Laboratoire d’histoire et de patrimoine de Montréal, l’exposition permanente Voix autochtones d’aujourd’hui : savoir, trauma, résilience constitue le cœur de cette démarche. Elle réunit plus de 100 objets tirés de la collection Cultures autochtones du musée, accompagnés de plus de 80 témoignages textuels et audiovisuels, portés par des membres des 11 nations autochtones du Québec. Cette exposition fondamentale est enrichie, tout au long du mois, par une série d’activités publiques. Le 15 juin, une projection double rend hommage aux regards féminins kanien’kehá:ka à travers les films Beans et Kanehsatake : 270 ans de résistance. Le 18 juin, l’artiste Jocelyn Sioui convie le public à une lecture en plein air de son œuvre Wenta’yeh’Tichion (Étoile du jour), explorant la montagne de Tiohtià:ke comme lieu de mémoire et d’identité. Le 19 juin, une table ronde réunira Joey Partridge (chanteur inuit), Simon Walls (compositeur), Ghislain Picard (Ancien chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador) et Corine Pelluchon (philosophe) pour réfléchir aux liens entre traditions autochtones, éthique écologique et avenir partagé.

Le musée propose également une activité familiale, Natu-natshishkuen : l’aventure de la rencontre, ainsi qu’un accès en ligne à sa collection Cultures autochtones, qui retrace plus de 12 000 ans d’histoire matérielle.

Du côté de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), également partenaire du LHPM, une programmation parallèle met en valeur les voix et les savoir-faire autochtones, notamment à travers des conférences, des expositions numériques et la mise en valeur d’archives en lien avec les nations du Québec. La programmation de BAnQ est accessible ici.

L’Écomusée du fier monde, autre partenaire du LHPM, vous invite pour sa part à découvrir le parcours inspirant de la militante anishinabekwe et québécoise Widia Larivière, en visionnant une capsule réalisée dans le cadre de l’exposition Bâtisseuses : 50 ans d’engagement des femmes de Centre-Sud. Cinéaste, autrice et figure marquante du mouvement Idle No More au Québec, Widia Larivière milite depuis des années pour les droits de la personne et autochtones.

Ces initiatives rappellent l’importance de porter attention à des récits trop longtemps marginalisés dans l’espace public, et de concevoir les institutions culturelles comme des lieux de dialogue, de réparation et de reconnaissance.