Place aux étudiants et aux diplômés

La valorisation du travail des étudiants et diplômés est l’un des principaux objectifs du Laboratoire d’histoire et de patrimoine de Montréal. Pour son 10e anniversaire, l’équipe s’est offert un cadeau de taille : la mise en valeur des travaux de thèse et de maîtrise des étudiants et des travaux postdoctoraux de ses diplômés.

Suite à un appel à communications, dix candidats ont été sélectionnés pour présenter une affiche scientifique lors du cocktail d’anniversaire du Laboratoire. Pour la plupart des participants, il s’agissait d’une première expérience de communication par affiche. Afin de les soutenir dans ce défi, le LHPM a organisé des formations avec deux professionnelles. Natascha Zwarich, professeure au Département d’histoire de l’UQAM et membre de l’équipe, les a conseillés sur le choix du contenu scientifique de leur affiche. Diane Urbain, graphiste, a pour sa part partagé ses recommandations quant à la mise en page du texte et des images.

Le 10 mai 2016, lors de la soirée d’anniversaire du Laboratoire, les invités ont pu constater la grande qualité du travail réalisé par les étudiants et diplômés.

L’équipe du LHPM est fière de partager ces réalisations avec vous.

Résumés des affiches (cliquez sur le titre pour visualiser l’affiche)

Marion Beaulieu – Rouler dans la toile d’araignée : cartographie des espaces et des trajectoires cyclistes à Montréal (1900-1950)

Inspirée de la notion « d’espace physique des pratiques sociales » élaborée par le philosophe Henri Lefebvre, cette contribution traite de la place de la bicyclette dans l’espace urbain montréalais. En plaçant le document cartographique au cœur de l’analyse historique, cette démarche permet d’appréhender la matérialité et la spatialité d’une pratique discrète et souvent invisible au sein des archives : l’usage récréatif et utilitaire de la bicyclette dans un grand centre urbain.

Éliane Bélec – L’image de l’enfant et la consommation, Montréal 1900-1915

Le mouvement pour le bien-être de l’enfance entraîne des changements de mentalités en ce qui a trait à la place de l’enfant dans la société et à ses besoins. Ces transformations affectent-elles la représentation des enfants dans le matériel promotionnel des grands magasins? Il s’agit ici d’identifier, dans une iconographie représentant tant les produits pour enfants que les enfants eux-mêmes, la présence « commodifiée » d’un langage ou d’une sensibilité iconographique qui ferait écho à ce mouvement de réforme.

Anna Demay – La gastronomie québécoise en images : portrait d’une évolution culinaire des années 1960 et 1970 à l’émission Femme d’aujourd’hui

Au sein de l’univers domestique qui prend forme au sortir de la Seconde Guerre mondiale, la rencontre de trois éléments nouveaux retient notre attention : l’interventionnisme étatique qui, par l’entremise de politiques sociales, change le rapport qu’entretient le citoyen à la consommation, l’avènement de la télévision en 1952, qui après huit ans d’existence se retrouve dans 90 % des foyers québécois et, finalement, la tertiarisation de l’économie qui engendre une mutation de la place de la femme au sein de la sphère publique et privée. Plus particulièrement, nous suggérons que la diffusion de certaines émissions phares, en l’occurrence l’émission Femme d’aujourd’hui, aurait façonné en partie cette sphère des ménages québécois, l’économie familiale et plus largement, la société de consommation qui prend place.

William Gaudry – Le pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine : construction et réalisation d’un objet technique urbain

Notre présentation porte sur la planification et la construction du pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine. Construit de 1964 à 1967, il s’inscrit dans le projet de l’Autoroute transcanadienne au Québec. Soucieux d’innover, le gouvernement libéral de Jean Lesage confie le projet à de jeunes ingénieurs qui recommandent une technique de fabrication à l’avant-garde de ce qui se fait en Amérique du Nord. Sa construction aura des répercussions inverses sur les zones habitables situées à ses extrémités : la démolition du noyau historique du quartier Mercier et la croissance fulgurante de la Rive-Sud.

Émilie Girard – Passés au présent : identité et commémoration à Montréal, 1917-2017

En 2017, Montréal célébrera son 375e anniversaire et la ville sera le théâtre de nombreuses célébrations. Ces dernières nous portent à nous interroger sur l’identité montréalaise au cours de celles-ci, mais surtout sur l’évolution de cette identité dans le temps. C’est l’analyse de cette évolution qui se trouve au centre de mon projet doctoral. J’ai choisi de faire cette étude via le biais des commémorations à Montréal entre 1917 et 2017 : cent ans où l’identité montréalaise et son regard sur le passé se renouvellent.

Maude Labonté – Les influences internationales sur l’alimentation montréalaise (1949-1968)

Notre recherche s’intéresse à l’histoire de l’alimentation et s’interroge sur les transformations des pratiques alimentaires, à l’introduction d’aliments, de mets et de recettes ethniques. L’historiographie nous permet de constater l’importance attribuée à l’exposition universelle de Montréal. Mais l’exposition a-t-elle eu un réel impact sur les pratiques alimentaires? La particularité de la recherche proposée réside dans son approche du sujet, qui prend en compte les décennies de 1950 et de 1960, plutôt que de circonscrire la question des influences internationales et de l’ouverture sur le monde à 1967. L’affiche présente entre autres un acteur important de transmission culinaire : Jehane Benoit.

Cécile Retg – Une affaire de vanité : être consommateur au XIXe siècle

L’affiche présente une recherche en cours sur la consommation, la culture matérielle et les sensibilités au Canada urbain au XIXe siècle. Son objectif est de montrer que l’étude de cas d’une famille particulière peut donner un nouvel éclairage sur les pratiques de consommation de l’ère victorienne. En effet, en pénétrant au plus près de la vie privée des acteurs, via le recours aux écrits intimes et aux carnets de comptes, il est possible de faire le lien entre le milieu dans lequel évoluent les acteurs, leurs valeurs, et leur consommation proprement dite.

Peggy Roquigny – Marcelle Landreau, débutante à Montréal, 1934-1937. Débuter, se positionner et évoluer dans la ville, dans la société

À partir de sa thèse doctorale (2012), Peggy Roquigny a développé un nouveau travail de recherche. Cette fois, il s’agit d’explorer le cas spécifique d’une jeune bourgeoise de l’entre-deux-guerres qui entre dans le monde. Elle assiste à un déluge de réceptions sur une courte période pour se faire valoir auprès d’un réseau correspondant au statut ou aux ambitions de sa famille et y trouver mari. L’étude du cas Marcelle Landreau révélera les spécificités des débuts d’une jeune femme dont la famille, petite bourgeoise, favorise la mobilité vers les hauts lieux, les hautes sphères de la société montréalaise.

Amélie Roy-Bergeron – Le village De Lorimier et sa vie politique locale

Montréal, 1895. Alors que de plus en plus de municipalités s’annexent à la métropole, un territoire se détache du village agricole de Côte-Visitation et émerge comme une entité autonome: De Lorimier. Situé à l’est de ce qui deviendra le Plateau Mont-Royal, ce village se développe comme une banlieue urbaine et ce, jusqu’à son intégration à Montréal en mai 1909. L’objectif de notre présentation est double : d’abord, présenter De Lorimier, puis montrer la vie politique locale où le Conseil municipal est l’interlocuteur principal. Nous verrons d’ailleurs son implication et son dynamisme grandissant au moment où la population et l’espace occupé sont en croissance marquée.

Andréa Shaulis – De lui dûment autorisée de… : la propriété foncière détenue par les femmes au Sault-au-Récollet, 1900-1940

Ce projet cherche a mieux comprendre les caractéristiques de la propriété foncière détenue par les femmes. À travers la réalité urbaine du Sault-au-Récollet et celle des limitations juridiques qui incombent aux femmes, nous dressons un portrait de la structure de la propriété foncière qu’elles détiennent. Quels sont les modes d’acquisition de la propriété? Quelle est la nature du droit de propriété? Ce sont là quelques-unes des questions guidant notre projet. Notre présentation expose donc notre démarche de recherche ainsi que des résultats préliminaires.