Michel Morissette

Les persistances du monde seigneurial Québécois : regard sur les acteurs seigneuriaux du Québec industriel (1854-1940)
Maîtrise en histoire, cheminement en informatique appliquée à l’histoire, Université de Sherbrooke
Dir. Benoît Grenier
Curriculum Vitae

Étudiant au département d’histoire de l’Université de Sherbrooke depuis 2008, Michel Morissette a débuté en 2012, sous la supervision de Benoît Grenier, une maîtrise en histoire avec un cheminement en informatique appliquée à l’histoire.

Son projet de mémoire vise à explorer les continuités, les ruptures et les persistances de l’institution seigneuriale jusqu’au cœur du 20e siècle québécois. Plus précisément, il s’intéresse au groupe des derniers seigneurs québécois entre 1854 et 1940. Avec l’aide du fonds d’archives, E39 – Syndicat national du rachat des rentes seigneuriales de la BAnQ-Q, il veut ainsi explorer la survivance de la seigneurie de Montréal, mais également de l’ensemble des fiefs québécois. Des vestiges du régime seigneurial sont effectivement visibles bien longtemps après son abolition, et ce, sans que l’historiographie traditionnelle ne s’en soit formalisée. En effet, même si le législateur a abrogé la grande majorité des droits seigneuriaux en 1854, non sans compenser les seigneurs, il a aussi perpétué le lien seigneur/censitaire en transformant les anciens cens et rentes en une nouvelle rente, dite constituée. Celle-ci était d’un montant équivalent, en plus d’être payable le même jour (la Saint-Martin d’hiver), à la même personne (le seigneur) et au même endroit (au manoir seigneurial, à moins d’une entente particulière avec le seigneur) que l’ancienne. Il y avait cependant deux nouveautés, la rente constituée pouvait être rachetée et elle devait également être payée en argent et non plus en nature comme c’était souvent le cas auparavant. Cependant, même si les rentes pouvaient être rachetées dès les années 1850 dans la grande majorité des fiefs, les recherches de Benoît Grenier ont démontré que dans une très grande proportion (environ 80 %), ces payements étaient toujours faits dans les années 1930, moment où le gouvernement, par l’entremise du Syndicat national du rachat des rentes seigneuriales, décide de racheter ce droit aux derniers seigneurs québécois. Dans ce contexte, le cas montréalais est à la fois unique, les rentes seigneuriales y ont été abolies dès 1840 dans la paroisse et la zone urbaine, et similaire aux autres, des rentes demeurent en vigueur dans les zones rurales et les nouvelles zones urbaines de l’île jusqu’en 1940.

Dans le cadre de son volet informatique, Michel Morissette compte également créer un site web où l’ensemble des informations disponibles et colligées à partir du fonds E39 seront disponibles. De plus, grâce aux contributions d’autres chercheurs, dont certains ont déjà signalé leur intérêt à contribuer au projet, des éléments du régime seigneurial d’avant 1854 pourront également être intégrés à l’interface web. Ces données pourront donc, grâce à leur caractère scientifique, servir aux autres historiens dans leurs travaux et ainsi maximiser les échanges et l’avancement des connaissances. Cette initiative, en plus de favoriser un meilleur dialogue entre spécialistes du régime seigneurial, permettrait d’en arriver à un outil de recherche relativement complet et facilement accessible à tous les chercheurs intéressé par la question seigneuriale au Québec.