Rencontre du Partenariat de recherche Montréal, plaque tournante des échanges : histoire, patrimoine, devenir

Le 20 novembre 2015, l’équipe du Partenariat de recherche Montréal, plaque tournante des échanges s’est rassemblée à la Grande bibliothèque pour une journée de discussions et de réflexions sur ses projets numériques. La journée a d’ailleurs débuté avec la présentation de plusieurs projets en cours, pour ensuite laisser place aux discussions entourant la plateforme SCHEMA (Système de Cartographie de l’HistoirE de MontréAl), nouvelle infrastructure de données historiques géospatialisées développée par l’équipe de Montréal, plaque tournante.

Rencontre du Partenariat de recherche Montréal, plaque tournante des échanges : histoire, patrimoine, devenirL’événement s’est entamé avec la présentation de l’une des grandes réalisations de l’équipe, soit la Bibliographie sur l’histoire de Montréal. Lancée en mai 2015, cet outil numérique répertoriant près de 10 000 titres sur l’histoire de la métropole sera mis à jour régulièrement. Déjà, Paul-André Linteau, professeur au Département d’histoire de l’UQAM, et Léon Robichaud, professeur au Département d’histoire de l’Université de Sherbrooke, présentent cette bibliographie en ligne comme un outil incontournable des historiens «montréalistes» et autres initiés. Par la suite, Léon Robichaud, Nathalie Charbonneau, agente de recherche en patrimoine et numérique, et Vanessa Blais, professeure au Collège Édouard-Montpetit, ont présenté les avancées des projets intégrant la modélisation 3D et 4D de bâtiments patrimoniaux, notamment la modélisation du complexe ferroviaire Dalhousie-Viger-Berri. Pour sa part, Philippe Michon, adjoint de recherche à l’Université de Sherbrooke et émissaire de l’équipe Montréal, plaque tournante lors du dernier Linked Open Data in Libraries Archives and Museums (LODLAM), a exposé le bilan de cette rencontre et les suites concrètes à entreprendre pour l’intégration de données historiques au web sémantique. Maude Labonté, adjointe de recherche à l’UQAM, a ensuite présenté son travail réalisé avec le RÉCIT. Cet organisme développe du matériel pédagogique destiné aux enseignants du primaire et du secondaire, notamment le Cartograf, outil en ligne permettant la création de cartes géoréférencées.

Utilisé dans le cadre de plusieurs projets de l’équipe, le site HistoryPin a ensuite fait l’objet de discussions. Dhyana Robert, adjointe de recherche à l’Université de Sherbrooke, a exposé les défis de l’utilisation de cette plateforme web pour un organisme comme les Archives de la Ville de Montréal. En complément, Jean-François Palomino et Danielle Léger de la BAnQ ont décrit les avancées d’un parcours web sur HistoryPin portant sur l’histoire du théâtre à Montréal (1825 et 1930), ainsi que les limites de cet outil grand public. Par ailleurs, Anne-Marie Dufour, de la Ville de Montréal, a présenté une autre réalisation de l’équipe, soit le site web du Parcours riverain et son application mobile. Pour conclure ce premier volet de la journée, la version préliminaire de la programmation de l’édition 2016 de l’École d’été numérique de Montréal, plaque tournante des échanges a été dévoilée ainsi que son thème : l’histoire par l’image.

Rencontre du Partenariat de recherche Montréal, plaque tournante des échanges : histoire, patrimoine, devenirSuite à ce tour d’horizon des projets numériques, l’équipe s’est penchée sur le sujet central de cette journée, l’utilisation de SCHEMA. Cette infrastructure de données historiques géospatialiées a récemment été testée par plusieurs chercheurs qui ont pu rendre compte de ses multiples applications, mais également des ajustements possibles à réaliser avant son lancement officiel. Suite à un rappel de la genèse et du fonctionnement de SCHEMA par Léon Robichaud, Joanne Burgess, professeure au Département d’histoire de l’UQAM et directrice de l’équipe, a lancé la discussion en présentant les résultats préliminaires d’une recherche menée sur les épiciers du Vieux-Montréal. Tour à tour, les chercheurs de l’équipe lui ont emboité le pas en ciblant les enjeux méthodologiques et les recommandations pour l’amélioration de SCHEMA.

Yvon Gagnon, adjoint de recherche à l’UQAM, et Alain Gelly, de l’Agence Parcs Canada, ont présenté un projet portant sur les activités de transbordement et d’entreposage du canal de Lachine entre 1880 et 1964. La plateforme SCHEMA a alors été utilisée pour la géolocalisation de ces activités dans les quartiers en périphérie du canal. Pour leur part, Joanne Burgess et Éric Giroux, de l’Écomusée du fier monde, ont montré les possibilités de la plateforme dans le cadre de l’exposition Confitures et marinades Raymond : faites pour plaire! L’infrastructure de données historiques géospatialisées de l’équipe a permis la conception de cartes permettant d’identifier les zones d’approvisionnement, particulièrement en petits fruits, de l’usine Raymond. Andréa Shaulis, adjointe de recherche à l’UQAM, a présenté un volet du projet sur le site du Marché Sainte-Anne et du Parlement du Canada-uni. La plateforme a alors été utilisée pour géolocaliser les multiples pétitions favorables ou défavorables au Gouverneur Elgin qui ont fait suite à l’incendie du Parlement en 1849.

Rencontre du Partenariat de recherche Montréal, plaque tournante des échanges : histoire, patrimoine, devenirCes premières expériences présentées, certains chercheurs ont été invités à mettre de l’avant leur propre projet et comment ils envisagent l’utilisation de SCHEMA. D’abord, Dominic Duford et Élaine Gauthier de la Ville de Montréal ont exposé les possibilités d’usage pour Montréal en projets. Ils pensent notamment mettre en lumière le paysage des activités gravitant autour de l’Hôtel-Dieu de Montréal. Michelle Comeau, chargée de cours au Département d’histoire de l’UQAM, compte utiliser la
plateforme afin de localiser les différents commerces d’alimentation dans un secteur du quartier Centre sud de Montréal. Harold Bérubé, professeur au Département d’histoire de l’Université de Sherbrooke, propose d’observer les mutations du quartier Square Mile entre 1945 et 1980. Finalement, Joanne Burgess et Éric Giroux comptent repérer des bâtiments industriels dans le cadre du projet Nourrir le quartier, nourrir la ville.

La journée s’est conclue sur une note festive avec le pré-lancement de la Chronologie de Montréal. Cet outil numérique d’avant-garde se veut l’autorité en matière de datation des événements touchant à l’histoire de la métropole. Son lancement officiel est prévu pour mai 2016.