Les acteurs économiques du Vieux-Montréal à l’époque victorienne

Ce projet vise à documenter certains acteurs économiques méconnus (individus et sociétés) de l’époque victorienne associés à des immeubles commerciaux, notamment des magasins entrepôts et des maisons-magasins, du site patrimonial dMontréal (arrondissement du Vieux-Montréal)Il cible tout particulièrement le commerce de « dry goods » ou magasins de nouveautés. L’objectif est de constituer des dossiers documentaires, retracer la généalogie de chaque société et de ses associés, puis établir un portrait global de ce secteur névralgique du négoce du Vieux-Montréal au XIXe siècle.  


Ce projet de recherche permettra de mieux connaître 60 acteurs économiques du Montréal victorien qui sont associés à des immeubles à vocation commerciale du site patrimonial de Montréal. Il vise notamment à documenter le parcours professionnel et le destin de chacun de ces acteurs économiques, leurs activités commerciales, leurs réseaux d’échange, leur itinéraire dans l’espace urbain, la transformation progressive des espaces commerciaux qu’ils occupent et, ainsi, leur contribution au patrimoine de Montréal. 

Ces 60 acteurs économiques entretiennent des relations entre eux. Ils ont tous été actifs dans le secteur des « dry goods », au cœur de la vie économique du Montréal de l’époque victorienne et de son centre d’affaires, le Vieux-Montréal. Le commerce de « dry goods » de cette période est riche et varié. Ce secteur réunit les grossistes et les détaillants de produits textiles de tout genre (lainages, cotonnades, soies, étoffes, rubans, dentelles, châles, tapis, etc.). Ces produits sont des témoins privilégiés de la révolution industrielle et des réseaux d’échange nationaux et internationaux.  

En fait, les commerces de “dry goods” ou magasins de nouveautés sont au cœur d’initiatives qui révolutionnent les pratiques commerciales et la culture de consommation ; certains sont des précurseurs des grands magasins. Par leurs activités, les acteurs de ce secteur ont orienté le développement du Vieux-Montréal et ont façonné son cadre bâti. Certains jouissent d’une certaine notoriété (Henry Morgan, par exemple) tandis que d’autres sont aujourd’hui tombés dans l’oubli. 

Ce projet s’inscrit dans un programme de recherche plus vaste, amorcé il y a plusieurs années, qui vise à documenter les lieux et les acteurs du commerce du Montréal victorien. Il fait suite à un premier chantier de recherche consacré aux épiciers grossistes et détaillants du Vieux-Montréal entre 1850 et 1880. L’ensemble du programme privilégie l’analyse approfondie des sociétés et des individus qui ont occupé des immeubles patrimoniaux qui figurent au Répertoire du patrimoine culturel du Québec. Ces acteurs économiques sont documentés grâce à l’exploitation systématique et le croisement d’une variété de sources : annuaires et bottins d’affaires, rôles d’évaluation, registres fonciers et dossiers d’enregistrement des sociétés, recensements nominatifs, cartes et plans, journaux, ressources généalogiques, fonds R.G. Dun, etc. La reconstitution du parcours de chacune de ces sociétés et de ses membres est conjuguée à l’établissement d’un portrait d’ensemble du secteur à quatre moments : 1851, 1860, 1870 et 1880 afin de dégager les tendances fortes qui marquent cette activité commerciale sur le plan organisationnel, spatial et social. Ces quatre portraits d’ensemble servent aussi à contextualiser l’expérience de chacune des entreprises commerciales à l’étude. 

Le chantier des « dry goods » a pris forme en deux temps. Entre 2011 et 2017, un premier ensemble de 41 sociétés a fait l’objet d’une série de démarches de recherche et des dossiers documentaires ont été constitués. Cette étape a bénéficié de la contribution de plusieurs adjoints et adjointes de recherche, dont Éliane Bélec, Guillaume Fortin, Vincent Lefebvre et Cécile Retg La phase en cours, amorcée au printemps 2020, vise à enrichir les dossiers existants et à compléter le corpus à l’étude par l’ajout de 19 sociétés additionnelles, pour un total de 60 sociétés parmi les 90 sociétés de « dry goods » répertoriées dans les immeubles patrimoniaux du site patrimonial de Montréal. Depuis le début de la deuxième phase, nous avons pu documenter 5 nouvelles sociétés et enrichir les connaissances disponibles pour 3 autres. Ce travail de recherche et d’analyse se poursuit pendant l’automne 2020 et l’hiver 2021. 


Soutien financier

FRQSC

Commanditaire

  • Ministère de la Culture et des Communications du Québec 

Responsables

  • Joanne Burgess, UQAM
  • Alan Stewart, historien

Personnel de recherche

  • Joël Beauchamp-Monfette, étudiant, UQAM (2020) 
  • Louis Chartier, étudiant, UQAM (2020) 
  • Marie Pigelet, étudiante, UQAM (2020)