Cette recherche s’inscrit dans le vaste projet Nourrir un quartier, nourrir la ville. Elle vise à mieux comprendre la commercialisation des produits alimentaires en milieu populaire montréalais, de 1949 à 1963, en même temps qu’à permettre la découverte d’un riche patrimoine archivistique. La transformation de la métropole durant la période de renouveau urbain des années 1950 et 1960 affecte grandement les quartiers anciens, populaires surtout. En même temps, d’importants changements dans le domaine de la distribution alimentaire avec la multiplication des centres commerciaux et des chaînes d’alimentation entraînent de nouvelles pratiques de consommation. Afin de mieux comprendre les effets de cette période de bouleversements, nous nous concentrons sur les commerces alimentaires présents dans un quartier ouvrier montréalais, le Faubourg à m’lasse, plus précisément le quadrilatère formé par les rues Papineau-Wolfe, Dorchester (René-Lévesque) – Craig (Saint-Antoine). À l’instar d’autres quartiers populaires montréalais, ce quadrilatère subit des transformations majeures durant la période. Notre analyse porte sur la nature et l’évolution des petits commerces de l’alimentation qui y ont pignon sur rue entre 1949 et 1963 avec leurs caractéristiques économiques, leur capacité à s’adapter, leur rôle dans l’offre alimentaire et la vie sociale locales. Nous examinons aussi leur déploiement dans l’espace en plus d’identifier certaines caractéristiques des commerçants. L’utilisation des techniques novatrices de la géolocalisation permet de favoriser la mise en valeur des résultats de la recherche.
Cette recherche s’inscrit dans le vaste projet Nourrir le quartier, nourrir la ville. Elle vise à mieux comprendre la commercialisation des produits alimentaires en milieu populaire montréalais, de 1949 au tournant des années 1960, en même temps qu’à permettre la découverte d’un riche patrimoine archivistique. Elle s’intéresse à l’évolution d’un quartier ouvrier montréalais, entre 1949 et 1963, par l’analyse des petits commerces de l’alimentation qui y ont pignon sur rue, avec leurs caractéristiques économiques, leur capacité à s’adapter, leur rôle dans l’offre alimentaire et la vie sociale locales.
Ce travail s’inscrit dans un double contexte historique. La transformation de la métropole durant la période de renouveau urbain, des années 1950 et 1960, affecte les quartiers anciens, populaires surtout. Aussi, les changements post-1945 dans le domaine de la distribution alimentaire avec la multiplication des centres commerciaux et des chaînes d’alimentation entraînent de nouvelles pratiques de consommation.
Nous nous concentrons sur une partie du Faubourg à m’lasse, aujourd’hui disparue, le quadrilatère formé par les rues Papineau-Wolfe, Dorchester (René-Lévesque) – Craig (Saint-Antoine). À l’instar d’autres quartiers populaires de Montréal, celui-ci subit des transformations majeures durant la période. Dès 1953-1955, l’élargissement de la rue Dorchester entraîne la disparition de plusieurs établissements commerciaux dans ce secteur. Et, vers 1963, le quadrilatère est presqu’entièrement démoli afin de permettre la construction de la Maison de Radio-Canada. À l’aide de sources qui témoignent de la culture matérielle et du cadre bâti pour la période 1949-1963, nous analysons l’évolution des commerces de l’alimentation, leur déploiement dans l’espace, la nature de leurs activités et leur longévité, l’aménagement des intérieurs tout en faisant ressortir certaines caractéristiques des commerçants. Peut-on parler de véritables artères commerçantes et quel type de commerce privilégie-t-on dans ce secteur durant la période? De quelle manière le petit commerce s’est-il adapté aux diverses transformations du territoire, que nous donnent à voir les photographies de 1963 quant aux produits et à l’aménagement des établissements et que nous révèlent les données sur les commerçants? La disparition de ces petits commerces est-il le fait de la destruction planifiée d’un territoire ou un effet de la concurrence d’autres types de commerces?
Pour tenter de répondre à ces questions, plusieurs sources d’archives ont été consultées: les annuaires municipaux Lovell, les Feuilles de route (Ville de Montréal), deux plans d’occupation du sol de Montréal (1949) et un plan d’assurance-incendie (mars 1954), les déclarations de raisons sociales ainsi que les photographies prises par la Ville de Montréal au moment des démolitions (1963) et qui comprennent des clichés d’extérieurs et d’intérieurs de nombreux espaces commerciaux. Enfin, plusieurs mémoires de la licence ès sciences commerciales (HEC Montréal) de la période ont été utilisés.
En fonction des sources disponibles, le repérage des commerces s’est réalisé à partir de 1949 (parfois de 1947 pour ce qui est de la longévité des commerces) jusqu’en 1963. Trois années ont été privilégiées : 1949, 1953 et 1963. Soixante-dix lieux, des épiceries aux restaurants, des tavernes aux Tobacco candies, ont été retenus et géolocalisés: ils devaient avoir accueilli un commerce d’alimentation pendant au moins une des trois années choisies.
L’application SCHEMA a permis de cartographier les 70 lieux retenus. Pour chacun d’eux, les données suivantes ont été recueillies : adresse et type d’occupation du lieu et, lorsque le commerce est actif dans le domaine alimentaire, le nom du commerce, son emplacement, son activité. Huit grandes catégories ont été retenues : Épicerie, Boucherie, Épicerie boucherie, Restaurant, Restaurant (tobacco candies), Taverne, Tobacco candies, Autres. Nous avons également relevé le nom, le lieu de résidence, le sexe et l’origine ethnique des commerçants et, pour 1963, enrichi l’application cartographique d’un certain nombre de photographies.
Le projet a donné lieu à plusieurs communications et un article scientifique est à la veille d’être publié. Enfin, l’important volet cartographique du projet a donné suite à diverses activités de mise en valeur des résultats.
Réalisations
Publications scientifiques
- COMEAU, Michelle, « Le petit commerce de l’alimentation dans le Faubourg à m’lasse à Montréal, 1949-1963. Une histoire et un patrimoine à mettre au jour », Revue d’histoire urbaine/Urban History Review, 54, 1, mars 2026, p. 129-172.
- BURGESS, Joanne et Michelle COMEAU, « L’empire du commerce montréalais : acteurs, territoires et patrimoines », dans BURGESS, Joanne et Paul-André LINTEAU (dir)., Histoire et patrimoine. Pistes de recherche et de mise en valeur, Québec, Presses de l’Université Laval, coll. « Chaire Fernand-Dumont sur la culture », 2019, p. 119-150.
Expositions
Les cartes et les applications cartographiques issues de ce projet ont été intégrées au sein de l’exposition Nourrir le quartier, nourrir la ville présentée à l’Écomusée du fier monde en 2017-2018.
Sites et contenus Web
Les commerces d’alimentation du Faubourg m’lasse : 1949-1953-1963
Communications et conférences
- BURGESS, Joanne et Michelle COMEAU, «L’empire du commerce montréalais : histoire et patrimoine», communication présentée lors du colloque De l’histoire au patrimoine : état des lieux et perspectives, dans le cadre du 84e congrès de l’Acfas, Montréal, 11 mai 2016.
- COMEAU, Michelle et Laura BARRETO, « Les commerces d’alimentation du Faubourg à m’lasse, 1949-1963 », Journée annuelle du Laboratoire d’histoire et de patrimoine de Montréal, Montréal, 2 juin 2017.
- COMEAU, Michelle, participation à la table ronde « Images de l’intime et du quotidien : produire, choisir, réinterpréter », dans le cadre de l’École d’été 2016 Montréal numérique. L’histoire par l’image, Montréal, 18 mai 2016.
- COMEAU, Michelle, «Des petits commerces liés à l’alimentation dans un quartier populaire de Montréal», Journée annuelle du Laboratoire d’histoire et de patrimoine de Montréal, Montréal, 8 mai 2015.
- PETIT, Kim et Éric GIROUX, « Cartographier l’histoire alimentaire du quartier Centre-Sud à Montréal dans un contexte muséal », communication présentée dans le cadre du 5e congrès Vision géomatique, Sherbrooke, 18 octobre 2017.
Soutien financier
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Responsable
- Michelle Comeau, chercheure associée, Département d’histoire, UQAM
Professionnelles de recherche
- Laura Barreto Palacio, agente de recherche en systèmes d’information géographique-historique (SIG-H), coordination des projets numériques (LHPM)
- Kim Petit, agente de recherche, coordination des projets numériques, LHPM






