Le canal de Lachine et le passé portuaire de Montréal (1880-1980)

Ce projet vise à documenter certains acteurs économiques méconnus (individus et sociétés) de l’époque victorienne associés à des immeubles commerciaux, notamment des magasins entrepôts et des maisons-magasins, du site patrimonial de Montréal (arrondissement du Vieux-Montréal). Il cible tout particulièrement le commerce de « dry goods » ou magasins de nouveautés. L’objectif est de constituer des dossiers documentaires, retracer la généalogie de chaque société et de ses associés, puis établir un portrait global de ce secteur névralgique du négoce du Vieux-Montréal au XIXe siècle.  


Amorcé en 2025, ce projet s’inscrit dans le prolongement du chantier de recherche Le corridor du canal de Lachine : au cœur des échanges et des transports. Cette nouvelle initiative intègre dans une même étude l’histoire du canal et celle du port de Montréal, sensible à la forte continuité spatiale et fonctionnelle entre la portion maritime du canal située en aval des écluses de Saint-Gabriel et la section ouest du port historique. Nous cherchons à comprendre et à documenter l’articulation entre le canal de Lachine et le port à travers l’examen de l’évolution des infrastructures et du bâti riverain qui s’y déploient pour répondre aux besoins de la circulation, continentale et maritime, des marchandises et des personnes. Le projet cherche ainsi à mener une analyse systématique des relations entre les fonctions portuaires dévolues respectivement au port et au canal, ainsi que les caractéristiques des lieux investis par ses activités. La période retenue s’échelonne des années 1880, quand prend fin une importante phase d’expansion du canal et s’amorce une période de forte croissance du port, pour suivre leur évolution respective jusqu’à la tourmente que vivent canal et vieux port avant leur renaissance à l’aube du 21e siècle. 

Pour mener notre enquête sur les relations entre port et canal, de même que la relation ville-port, nous ciblons tout particulièrement un secteur géographique du front fluvial du Vieux-Montréal. À partir de six années témoins (1880, 1890, 1913, 1950, 1960 et 1980), nous analysons le paysage construit, ses caractéristiques formelles et fonctionnelles, ainsi que ses occupants afin de bien cerner les fonctionnalités portuaires et les ancrer dans l’espace urbain. En ciblant un territoire restreint et en portant une attention particulière aux acteurs, aux lieux et modalités de l’échange et de l’entreposage, nous espérons contribuer à une meilleure connaissance de l’histoire des chaînes d’approvisionnement et des chaînes logistiques qui ont façonné le développement portuaire de Montréal. Les résultats de la recherche alimenteront l’élaboration d’une application cartographique interactive destinée aux publics qui fréquentent le port et le canal.

Sous la direction de Joanne Burgess et Alain Gelly, les activités de recherche ont démarré pendant l’été 2025 grâce à une subvention du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada dans le cadre du programme Engagement partenarial. Le premier volet de l’enquête cible les années 1880 et 1890 ainsi que le front fluvial de deux secteurs du Vieux-Montréal, celui des magasins-entrepôts portuaires et celui de la pointe à Callière (voir la carte accompagnant « Le patrimoine du Vieux-Montréal en détail » : https://www.vieux.montreal.qc.ca/inventaire/hall_htm.htm). Une méthodologie prenant appui sur un large éventail de sources sérielles et qualitatives a été mise en place. Elle permet d’identifier les occupants des immeubles retenus, documenter leurs activités et amorcer la caractérisation de leurs relations au port et au canal, de même que les enjeux logistiques liés à l’approvisionnement des acteurs recensés. Ce volet de la recherche se poursuivra pendant l’automne 2025.


Soutien financier

Partenaire

Responsables

  • Joanne Burgess, professeure, Département d’histoire, UQAM
  • Alain Gelly, historien, Parcs Canada

Professionnelles de recherche

  • Laura Barreto Palacio, agente de recherche en systèmes d’information géographique-historique (SIG-H), coordination des projets numériques (LHPM)

Personnel de recherche

  • Gabriel Harvey-Savard, étudiant, Université de Montréal (2025-