Explorer et analyser les grandes collections archéologiques. Vers de nouveaux outils intégrés en géomatique

Ce chantier vise à élaborer des outils d’analyse qui permettent le traitement d’importantes quantités de données issues des fouilles archéologiques menées à la place D’Youville. En 2018, une application de cartographie et de visualisation intégrée à la plateforme SCHEMA a été développée. Elle permet l’examen de la distribution d’artefacts selon leur emplacement sur le terrain et leur périodisation. Ce nouvel outil d’analyse et de gestion des données facilite la rédaction de rapports des fouilles et permet de mieux comprendre les fonctions des différentes parties du site du premier Parlement du Canada-Uni.


En 2017, Pointe à Callière, cité d’archéologie et d’histoire de Montréal a eu le privilège d’effectuer la plus grande campagne de fouilles à ce jour sur le site du premier Parlement du Canada-Uni/Marché Sainte-Anne, à Montréal, complétant des travaux qui y avaient été menés en 1980, 1989 et de 2011 à 2013. Les 800 000 artéfacts découverts représentent alors une quantité et diversité difficilement gérable avec des outils conventionnels. Compte tenu de la nature et de l’ampleur du site de la place D’Yvouville, le besoin d’instruments archéomatiques (outils géomatiques appliqués à l’archéologie) plus performants pour visualiser la distribution des catégories d’artefacts s’est rapidement fait sentir.

Les résultats des fouilles sur le site du Fort Ville-Marie ont servi de banc d’essai pour le projet d’un nouvel instrument d’analyse. La première proposition permettait notamment la recherche et la présentation de catégories d’artefacts selon le carré de fouille où les objets étaient mis à jour, tout en tenant compte de différentes variables. Bien que les résultats aient été impressionnants, deux problèmes majeurs sont apparus: la carte en deux dimensions ne permettait pas de représenter la stratigraphie (position verticale des artefacts) ou la périodisation et la répartition des points sur les polygones qui représentaient les carrés de fouille devait être améliorée. En effet, le positionnement par défaut (aléatoire ou au centroïde) ne répondait pas adéquatement aux besoins des utilisateurs de l’application. À la suite de ce constat, de nouvelles fonctionnalités devaient être ajoutées à la plateforme SCHEMA.

Grâce à l’obtention d’une subvention du ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation (programme Passeport innovation), des travaux sur SCHEMA ont eu lieu au courant de l’été 2018. L’application globale qui en résulte est composée de plusieurs modules: une section de données, une section carte, une section visualisation graphique, un panneau de requête et un bloc pour choisir une zone et exporter les données qui lui sont associées. La visualisation graphique représente les données en 3D sous forme de nuage de points. Sur l’axe X, on retrouve les variables étudiées (matériau, fonction, nom de l’objet, etc.). L’axe Z présente le nombre d’artefacts ou d’objets alors que l’axe Y précise la ou les périodes concernées. Les résultats qui s’affichent sur le graphique et sur la carte sont mis à jour lorsque de nouvelles requêtes sont lancées à l’aide des filtres.

Les infobulles, qui facilitent la visualisation des fiches de l’inventaire et du catalogue, ont été perfectionnées. Elles permettent la liaison des données de l’application à un visualiseur d’objet 3D élaboré par une équipe de l’Université de Sherbrooke, dirigée par Léon Robichaud, codirecteur du Laboratoire.  Parallèlement à l’exploration de la représentation cartographique des artefacts, l’équipe sherbrookoise a développé un visualiseur web de modèles d’objets 3D historiques et archéologiques. Les objets modélisés sont identifiés dans SCHEMA, ce qui permet de visualiser des copies virtuelles des artéfacts en un clic à partir de l’application cartographique.

Les outils développés pourront servir aux nombreux projets archéologiques qui ont lieu chaque année au Québec et, nous l’espérons, devenir un standard de la pratique. Les applications pourront en outre être utiles pour d’autres disciplines qui font usage de la cartographie et qui souhaitent analyser et diffuser leurs contenus en plusieurs dimensions.


Projet associé

Le marché Sainte-Anne, le Parlement et Montréal-Capitale: nouveaux regards et reconstitution 4D

Réalisations

Publications

  • ROBICHAUD, Léon, VAN GIJSEGHEM, Hendrick, PETIT, Kim et BURGESS, Joanne, «Managing and Analyzing Archaeological Excavation in the Immersive Virtual Reality with GIS: The Case of Place d'Youville, Montréal», dans ADDISON, Alonzo C. And THWAUTES, Harold (Ed.), 2018 3rd Digital Heritage International Congress and 2018 24th International Conference on Virtual System & Multimedia, San Francisco, IEEE digital press, 2019, 378-380 pp.

Communications et conférences

  • PETIT, Kim, « Analyse de données archéologiques avec SCHEMA », Journée annuelle du LHPM, Montréal, 24 mai 2019.
  • PETIT, Kim, « Analyse de données archéologiques avec SCHEMA », Journée annuelle du LHPM, Montréal, 18 mai 2018.
  • ROBICHAUD, Léon, “Managing and Analyzing Archaeological Data with GIS : the Case of Place D’Youville, Montréal”, congrès Digital Heritage, San Francisco, 27 octobre 2018.
  • ROBICHAUD, Léon, BLAIS, Vanessa et SPIRIC, Nicolas,  « L'intégration des objets numérisés dans un SIG : Archéovue», Journée annuelle du LHPM, Montréal, 18 mai 2018.
  • POTHIER, Louise et VAN GIJSEGHEM, Hendrik,  «Reproduire un espace-temps : la géolocalisation des artefacts du fort de Ville-Marie», Journée annuelle du LHPM, Montréal, 2 juin 2017.
  • VAN GIJSEGHEM, Hendrik,  « Introduction. Cartographie numérique et interactivité 3D au site du Parlement/Marché Sainte-Anne : explorer et comprendre les grands assemblages archéologiques », Journée annuelle du LHPM, Montréal, 24 mai 2019.
  • VAN GIJSEGHEM, Hendrik, « Cartographie numérique et interactivité 3D au site du Parlement/Marché Sainte-Anne: Explorer et comprendre les grands assemblages archéologiques», Journée annuelle du LHPM, Montréal, 18 mai 2018.

Soutien financier

Pac-Cite

Partenaire

Responsables

  • Joanne Burgess, professeure, Département d’histoire, UQAM
  • Louise Pothier, conservatrice et archéologue en chef, Pointe-à-Callière, cité d’archéologie et d’histoire de Montréal

Autre collaborateur

  • Département d’histoire de l’Université de Sherbrooke, équipe dirigée par Léon Robichaud

Professionnelles de recherche

  • Kim Petit, agente de recherche, coordination des projets numériques, LHPM (gestion de projet)
  • Laura Barreto Palacio, agente de recherche en systèmes d’information géographique-historique (SIG-H) (Cartographie et traitement des bases de données)