Le Laboratoire fête ses 10 ans

Pour souligner son 10e anniversaire, le Laboratoire d’histoire et de patrimoine de Montréal (LHPM) s’est offert une rencontre scientifique et festive ! Tenu dans le cadre du 84e congrès de l’Acfas, le colloque « De l’histoire au patrimoine : état des lieux et perspectives » visait à créer un pont entre les travaux ancrés dans l’histoire et le patrimoine montréalais et les enjeux de recherche et de mobilisation des connaissances qui s’expriment au Québec et à l’échelle internationale. Présenté en six séances, l’événement a réuni des membres et partenaires du LHPM ainsi que des chercheurs et professionnels du Canada et de l’étranger. Un cocktail rassemblant les nombreux collaborateurs et amis du Laboratoire a couronné les festivités. Nous vous proposons ici un bref survol de ce colloque riche en échanges et en rencontres.

La première séance s’est intéressée à la mise en valeur du patrimoine archivistique, archéologique et muséal. Mario Robert de la Ville de Montréal a démontré l’intérêt croissant pour la numérisation des archives et leur consultation virtuelle. Cette nouvelle voie de consultation crée un engouement pour l’archive numérisée et, du même coup, pour l’histoire et le patrimoine via, notamment, les médias sociaux. Pierre Desrosiers et Sophie Limoges, spécialistes de l’archéologie au Québec, ont présenté les enjeux liés au processus d’appropriation collective du patrimoine archéologique québécois. Ils nous ont invités à réfléchir sur la valeur que nous souhaitons accorder à l’importante masse d’artéfacts qui est amassée et entreposée, sans être étudiée et valorisée. Côté muséal, Cornélia Strickler du Centre commémoratif de l’Holocauste à Montréal a insisté sur la mise en valeur des patrimoines matériels et immatériels conjointe? et les défis associés à leur intégration aux outils de médiation, tels que les applications numériques.

Pour la seconde séance, les participants ont été invités à adopter un regard « télescopique » sur l’apport du patrimoine de proximité à notre compréhension de l’histoire et du patrimoine. Paul-André Linteau de l’UQAM, Harold Bérubé de l’Université de Sherbrooke et Fernand Harvey du Centre Urbanisation-Culture-Société de l’INRS ont utilisé comme échelles d’analyse la rue, le quartier et la région. Ils ont ainsi mis en lumière les contributions de niveau micro-historique ou méso-historique à la construction d’une perspective patrimoniale.

L’assistance a ensuite été plongée dans l’univers des outils numériques en émergence. Nathalie Charbonneau et Anna Thirion du LHPM ont exposé la méthodologie qui leur a permis de modéliser en 3D et 4D des artefacts et des vestiges du site du marché Sainte-Anne et du Parlement du Canada-Uni. Ces modélisations doivent être intégrées à un environnement numérique interactif destiné aux visiteurs du musée Pointe-à-Callière. Jean-François Palomino de BAnQ s’est, pour sa part, intéressé à la géolocalisation comme outils prometteur de diffusion des collections. Sur le même sujet, Marcel Fortin, cartothécaire à l’Université de Toronto, a dressé un portrait du développement des systèmes d’information géographique (SIG) historiques et de leur utilisation autant institutionnelle que grand public.

L’un des principaux axes de recherche du LHPM était à l’honneur de la quatrième séance durant laquelle les conférenciers ont été invités à observer Montréal et son rôle comme plaque tournante des échanges. Alain Gelly de l’Agence Parcs Canada, René Binette de l’Écomusée du fier monde, Joanne Burgess et Michelle Comeau de l’UQAM ont examiné trois formes de patrimoine qui témoignent particulièrement de cette fonction centrale de la métropole : les patrimoines portuaire, industriel et commercial.

Pour l’avant-dernière séance, les participants ont été amenés à réfléchir sur les enjeux du tournant numérique en sciences humaines et en histoire. Robert Vergnieux du Centre national de la recherche scientifique de Bordeaux a partagé ses réflexions sur les changements créés par les technologies numériques, et notamment celles de la « 3D », sur les pratiques en sciences humaines et sociales. Suzanne Talon de Calcul Québec et Alex Guindon de l’Association des bibliothèques de recherche du Canada ont, quant à eux, présenté différentes solutions à la gestion et à la pérennisation des données historiques et archéologiques ainsi que des nouvelles réalisations numériques créées à partir de ses données.

Pour clore le colloque, des intervenants de divers horizons ont été réunis pour une table ronde sur la relation entre l’histoire et le patrimoine. Karine Hébert de l’Université du Québec à Rimouski a abordé l’intersection entre la recherche académique, le patrimoine et le développement régional. Jean-François Leclerc du Centre d’histoire de Montréal s’est intéressé au dialogue entre musée et patrimoine. Claire Poitras du Centre Urbanisation-Culture-Société de l’INRS a défini certaines tendances en études urbaines et patrimoniales. Enfin, Léon Robichaud de l’Université de Sherbrooke a soulevé plusieurs enjeux liés au patrimoine numérique, notamment la forme qu’il prendra au sein du web sémantique. Ce sujet a particulièrement suscité l’intérêt du public et est apparu comme incontournable au devenir de l’histoire et du patrimoine.

Au cœur du colloque, le LHPM a tenu un cocktail auquel les chercheurs, partenaires, collaborateurs, étudiants, diplômés et amis du Laboratoire ont été conviés. Sur un fond de musique festive, les invités se sont retrouvés pour célébrer la recherche en partenariat et la mise en valeur de l’histoire et du patrimoine montréalais. Des présentations par affiche réalisées par des étudiants et diplômés membres de l’équipe du LHPM ont agrémenté la soirée. Les invités ont, de plus, assisté au lancement officiel de la Chronologie de Montréal, un outil numérique unique qui présente une sélection d’événements marquants accompagnés d’une courte description. Finalement, en guise d’hommage, le travail réalisé par l’équipe du Laboratoire ainsi que le leadership de sa directrice Joanne Burgess ont été soulignés par Mme Josée S. Lafond, doyenne de la Faculté des sciences humaines, et par les membres du LHPM.

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