Se diriger vers la paix : un parcours muséal pour commémorer la Grande Paix de Montréal

Il y a 325 ans, Montréal accueillait l’une des plus grandes rencontres diplomatiques de l’histoire de l’Amérique du Nord! Plus de 1 300 représentants de 38 nations autochtones, ainsi que des représentants français et canadiens, se sont réunis pour conclure un accord de paix historique qui a mis fin à des décennies de conflits et contribué au développement de la ville de Montréal.

Du 21 juin au 21 septembre 2026, Pointe-à-Callière, cité d’archéologie et d’histoire de Montréal, a présenté un parcours d’exposition dans ses espaces permanents à l’occasion de cet anniversaire de la Grande Paix de Montréal et de la venue à Montréal du traité signé le 4 août 1701. Les dates choisies pour cette présentation n’étaient pas aléatoires : le 21 juin correspondait à la Journée nationale des peuples autochtones au Canada, et le 21 septembre, à la Journée internationale de la paix décrétée par les Nations Unies.

Pour ce projet, le musée a décidé d’offrir un parcours plutôt qu’une exposition traditionnelle en salle. L’objectif était triple. Premièrement, plusieurs contenus interprétatifs sur la Grande Paix étaient déjà en place à différents endroits du musée; un parcours permettait d’amener les visiteurs à les redécouvrir. Ensuite, le musée souhaitait que certains ajouts réalisés à l’occasion de 325e demeurent pérennes dans ses expositions permanentes.

Finalement, le concept du parcours permettait d’aborder un aspect important ayant mené à la Grande Paix de Montréal : celui du chemin parcouru par près de 40 nations, tant sur le plan physique que diplomatique, pour faire tout ce chemin vers Montréal et parvenir à un consensus.

Sept stations réparties à travers les vestiges archéologiques du musée permettaient de comprendre le contexte ayant mené à la signature du traité, le 4 août 1701, tout en abordant les différentes étapes du processus de paix, telles que « échanger », « négocier » ou « tenir parole ». Ces thèmes avaient pour objectif de faire écho à des processus diplomatiques toujours en usage aujourd’hui, ainsi qu’à la recherche de paix dans nos sociétés contemporaines.

L’une des installations du parcours est une nouvelle production audiovisuelle dans laquelle cinq intervenants de différentes Nations s’expriment sur la place qu’occupe la Grande Paix dans nos mémoires, et sur la manière dont nous pourrions nous en inspirer afin d’aspirer, aujourd’hui, à un monde de paix.

Le clou du spectacle était bien évidemment la présentation du traité signé le 4 août 1701 sur les lieux mêmes de sa signature. Cet exemplaire est la seule copie connue à avoir survécu. Pour la première fois de son histoire, le traité était présenté dans son intégralité. Comme il est rédigé recto verso, une présentation à l’horizontale dissimule toujours la moitié des pages. Ayant recours à des techniques modernes de conservation et de mise en vitrine, les équipes de Pointe-à-Callière et des Archives nationales d’outre-mer en France (ANOM) ont proposé une présentation à la verticale, permettant d’apprécier l’ensemble des pages du traité, dont les trois pages portant les signatures.

Deux événements ont également marqué la présentation de ce parcours. Une conférence de presse en lien avec la Marie de Montréal pour la journée du 4 août 2026, qui a rassemblé des représentants des nations autochtones, la mairesse de Montréal et des historiens. Un symposium international a aussi permis de rassembler des expertes et experts pour échanger et porter un regard renouvelé sur cet événement avec près des 130 participants.

Les commémorations maintenant terminées, le traité a regagné les réserves des ANOM. Il était venu à Montréal il y a 25 ans. Nous espérons ne pas avoir à attendre 25 autres années avant de le revoir.

[Crédit photos : Jaime Antonio Luna]