Le 23 février dernier, les membres du LHPM et des gens du public ont eu la chance d’assister à une visite exclusive de l’exposition « Place Émilie-Gamelin : 200 ans de cohabitation sociale » à l’Écomusée du fier monde. Le parcours a été présenté par Martin Petitclerc et Camille Champagne Tremblay, commissaires de l’exposition et respectivement collaborateur et membre étudiante du Laboratoire.
Qui a droit à la ville? C’est autour de cette question fondamentale qu’a été conçue l’exposition, inspirée du mémoire de maîtrise en histoire de Camille Champagne-Tremblay, réalisé sous la direction de Martin Petitclerc, professeur à l’UQAM. La jeune chercheuse s’est intéressée, dans ses travaux, à l’histoire du site aujourd’hui occupé par la place Émilie-Gamelin. Le lieu, fréquemment dépeint dans les médias comme un espace désaffecté et miné par la présence de personnes déracinées, accueille en réalité depuis bientôt 200 ans des populations itinérantes et marginalisées.
Présentée à l’Écomusée du fier monde, l’exposition replonge les visiteurs dans l’histoire de cette place et, plus généralement, dans celle du quartier qui l’entoure. De la fondation des Sœurs de la Charité de la Providence par Émilie Gamelin, en 1843, jusqu’à l’intégration de la place qui porte aujourd’hui son nom au quartier des spectacles, en 2015, l’exposition permet de découvrir les profondes transformations politiques, économiques, sociales et urbanistiques qui ont affecté le secteur et qui ont contribué à lui donner sa forme actuelle.

Photos, extraits d’articles, plans et maquettes mettent en lumière les activités quotidiennes des Sœurs de la Providence et de la vie dans le quartier. Ils témoignent de l’aide apportée aux sans-abris et aux chômeurs du quartier jusqu’en 1963, du traitement physique et médiatique réservé aux populations pauvres, ainsi que l’inscription matérielle de ces institutions charitables dans le paysage urbain, alors profondément différent de celui que nous connaissons aujourd’hui.
Grâce à la médiation des commissaires, les visiteurs ont parcouru une douzaine de stations et constaté comment le Quartier latin a été, au fil des deux derniers siècles, habité, imaginé, transformé et reconstruit, dans un contexte de tensions sociales, économiques et politiques. Entre les promoteurs immobiliers désireux de dynamiser un quartier en déclin, les locataires soucieux de défendre leurs droits et les personnes en situation d’itinérance souvent marginalisées, l’exposition apporte une profondeur historique essentielle pour repenser notre rapport aux espaces publics et à une misère que l’on ne veut souvent pas voir.
Merci à l’Écomusée du fier monde pour l’accueil, aux commissaires Camille Champagne-Tremblay et Martin Petitclerc pour leurs lumières, ainsi qu’à tous ceux et celles qui étaient présents pour leurs questions et leurs commentaires éclairants!



