Portrait de membres du LHPM : entrevue avec Laura Barreto-Palacio

Pour souligner son 20e anniversaire, le Laboratoire d’histoire et de patrimoine de Montréal présente une série d’articles mettant en lumière le parcours de certains membres qui composent son équipe et participent à la vitalité de ses activités. Cette semaine, le Laboratoire s’est entretenu avec Laura Barreto-Palacio, agente de recherche en systèmes d’information géographique-historique (SIG-H) et coordonnatrice des projets numériques.

Quel est votre parcours académique et professionnel?

Après avoir obtenu un baccalauréat en sciences de la Terre de l’université McGill en 2012, j’ai travaillé en tant que géologue pour une compagnie d’exploration minière dans la région de Schefferville au Québec. Ce travail m’a introduit au monde de la cartographie et j’ai décidé d’approfondir mes connaissances en suivant un Diplôme d’études supérieures (DESS) en Géomatique (anciennement en Système d’information géographique, ou SIG) à l’UQAM en 2015.

À quel moment avez-vous entendu parler pour la première fois du Laboratoire d’histoire et de patrimoine de Montréal?

En 2016, une offre de stage de la part du laboratoire a été partagée avec le programme en Géomatique. Comme j’avais déjà fait de la recherche historique en géologie dans mon ancien travail, j’ai postulé… et obtenu le stage! Ce qui devait être une expérience de deux mois fut progressivement prolongé pour finalement devenir un stage d’une année. En 2017, une fois mon programme terminé, j’ai été engagée par le Laboratoire en tant qu’agente de recherche. En mai, je célèbrerai mes dix ans au laboratoire, déjà!

Quel projet de recherche ou réalisation vous rend le plus fière? Pourquoi?

Je citerais d’abord la conception de cartes interactives pour l’exposition « Nourrir le quartier, nourrir la ville » à l’Écomusée du fier monde. Il s’agissait de l’un de mes premiers projets au Laboratoire, dans le cadre duquel j’ai conçu deux cartes interactives : la première (Des usines pour nourrir la ville) permet de suivre l’évolution des lieux de transformation alimentaire du quartier Centre-Sud entre 1890 et 1980, alors que la deuxième (Des commerces pour nourrir le quartier) illustre le développement des petits commerces d’alimentation dans le Faubourg à m’lasse, de la Seconde Guerre mondiale jusqu’aux démolitions qui ont précédé la construction de Radio-Canada. J’ai ressenti une vraie fierté de voir les cartes et mon travail exposé au musée! Elles ont été conservées dans l’exposition permanente et, chaque fois que j’en ai l’opportunité, je vais les voir!

Extrait de la planche 119 du volume 3 (1915) des cartes d’assurance incendie de la ville de Montréal, représentant une partie des terrains où se trouve aujourd’hui l’UQAM (BAnQ, 0000423782)

Ensuite, je dirais qu’il s’agit du projet des cartes index interactives, qui sont utilisées pour les plans d’assurance-incendie, à la BAnQ. Ces plans, dessinés à la fin du XIXe siècle et dans la première moitié du XXe, servaient à aider les compagnies d’assurance à évaluer les risques d’incendie et à tarifer leurs polices en conséquence. Ils sont d’une qualité exceptionnelle : on y trouve des quantités de détails intéressants, comme la disposition des bâtiments, les matériaux de construction utilisés, voire parfois le nom des commerces, des industries et des propriétaires! Mon travail a consisté à rendre leur contenu accessible sur des cartes interactives disponibles en ligne sur BAnQ, facilitant grandement les recherches de ceux et celles qui souhaitent consulter les plans. Certains sont même géoréférencés, et affichés directement sur la carte!

C’est un des projets auquel je suis le plus attachée, car je l’ai conçu en étant encore stagiaire. Savoir que ces outils sont utilisés par le grand public tous les jours, et qu’ils facilitent la recherche historique pour plusieurs me réchauffe le cœur!

Sur quels projets en lien avec le Laboratoire travaillez-vous actuellement?

En ce moment, je travaille sur un projet de recherche portant sur l’incendie du parlement de la province du Canada à Montréal, le 25 avril 1849 avec Joanne Burgess, en partenariat avec Pointe-à-Callière. Cela m’a permis d’approfondir mes connaissances en lecture d’écriture manuscrite du XIXe siècle et en recherche historique, dont je suis devenue passionnée! Je suis même allé aux Archives nationales à Montréal pour ce projet. Ce fut une formidable expérience de voir des documents anciens. J’en ai été éblouie!

Quels avantages voyez-vous au fait de vous être jointe au LHPM?

Je travaille avec une équipe d’experts d’histoire de Montréal. Cela me permet d’en apprendre tous les jours sur des sujets souvent méconnus, mais toujours pertinents!