L’histoire publique au menu du Midi du Labo : retour sur la conférence de Thomas Cauvin et Natalia Gonçalves

Le public était nombreux au rendez-vous, le 25 mars dernier, pour un Midi du Labo dédié au thème de l’histoire publique. Pour cette conférence, le Laboratoire d’histoire et de patrimoine de Montréal avait l’honneur d’accueillir Thomas Cauvin, professeur à l’Université du Luxembourg et collaborateur du LHPM, ainsi que Natalia Martins De Oliveira Gonçalves, doctorante à l’Université du Luxembourg, pour une présentation intitulée « Public History as the new Citizen Science of the Past (PHACS) : une équipe de recherche en histoire publique ».

Thomas Cauvin a d’abord pris la parole afin de discuter de la notion d’histoire publique, qu’il aborde telle une autoréflexion sur la pratique historienne et un élargissement de son cadre pratique. En présentant quelques projets participatifs mis en œuvre dans son enseignement à l’Université du Luxembourg, Cauvin a cherché à mettre en relief le pont qui existe entre histoire et sciences citoyennes, élément important de ses travaux.

En utilisant l’image d’un arbre, où les racines symbolisent les sources et le tronc l’interprétation, où les branches évoquent les différents modes de diffusion (livre, balado, radio, journal, etc.) et les feuilles correspondent aux demandes sociales à l’égard de l’histoire, Cauvin a présenté l’histoire publique comme un espace collaboratif, un lieu d’interaction, mais surtout, comme un appel à l’action qui vise à accroître sa visibilité et son accessibilité.

L’histoire publique se doit, selon lui, d’être accessible à différents publics, participative, et basée sur une collaboration bidirectionnelle entre citoyens et le milieu académique. Elle va au-delà de la collecte et du repérage de sources, visant aussi à enrichir les données et à « activer les archives », par un processus de collaboration. Cauvin a ainsi renchérit sur les réflexions qu’il avait présentées en 2023 lors du colloque « La participation citoyenne en histoire et patrimoine », un événement qui s’inscrivait dans les activités du projet de recherche Agents mémoriels, un engagement citoyen d’hier à aujourd’hui.

Suivant la présentation de Thomas Cauvin, Natalia Gonçalves a pris la parole afin de présenter son projet doctoral, qu’elle mène à l’Université du Luxembourg, en partenariat avec l’Université du Québec à Montréal (notamment avec Martin Drouin en codirection, membre du comité de direction du LHPM). Son projet s’intéresse à la participation citoyenne et revisite le travail des associations de citoyens dans la production de l’histoire et du patrimoine, pour mieux comprendre et évaluer leur contribution à la production de connaissances dans le Canada et l’Europe du XXe siècle. Elle s’intéresse particulièrement au patrimoine industriel et interroge les stratégies d’écriture, de sélection, de catalogage et de diffusion du passé. Nous aurons l’occasion de vous reparler de Natalia et de son projet lors d’un séjour plus étendu à Montréal, qu’elle planifie pour l’automne.

Les deux présentations ont été suivies d’une période de questions d’une vingtaine de minutes, poursuivant la discussion et la réflexion sur l’histoire publique, en abordant notamment les questions de la durabilité des initiatives en histoire publique et la pérennité des dispositifs de médiation.

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