Les membres du LHPM au congrès de l’IHAF : une recherche qui rayonne

Les 23, 24, et 25 octobre derniers, le 77e Congrès de l’Institut d’histoire de l’Amérique française s’est tenu au campus de Joliette de l’Université du Québec à Trois-Rivières, avec pour thème Les savoirs, leur circulation et leurs usages. Cet évènement fut l’occasion, pour plusieurs membres du LHPM, de réfléchir collectivement aux contributions des différentes institutions consacrées à la valorisation de l’histoire et du patrimoine, de présenter leurs dernières découvertes et d’échanger sur les enjeux de la synthèse historique.

Les sociétés d’histoire, qui jouent un rôle important dans la recherche et la circulation des savoirs, ont notamment fait l’objet d’une séance à part entière, consacrée à la pratique citoyenne de l’histoire au Québec. Martin Drouin, directeur du LHPM, fut le premier conférencier à intervenir, en abordant la contribution de ces organismes à la préservation du patrimoine bâti. En s’appuyant sur les recherches menées dans le cadre du projet « Agents mémoriels, un engagement citoyen d’hier à aujourd’hui », il a expliqué comment des organismes, traditionnellement tournés vers la recherche et la diffusion de l’histoire, s’impliquent de diverses façons dans la mise en valeur et la défense du patrimoine bâti

Ce fut ensuite au tour d’Alain Roy, cochercheur du LHPM, de prendre la parole pour partager les résultats du projet de recherche Engagement citoyen en histoire et patrimoine (ECHiPa), mené dans le Bas-Saint-Laurent. Sa démarche a permis de démontrer la vitalité de la pratique historienne dans cette région, où les citoyens sont résolument engagés dans la production d’études historiques locales, la conservation d’archives et du patrimoine, favorisant ainsi une meilleure connaissance du milieu et un plus grand attachement au patrimoine local.

Louis Vallée, collaborateur du LHPM, conclut cette séance en abordant l’écosystème de la recherche historique dans la ville de Québec. À partir de son expérience comme président et cofondateur de la Société d’histoire de Sillery, il a présenté les enjeux et les défis de l’histoire citoyenne.

Le congrès de l’IHAF fut également l’occasion pour d’autres membres du LHPM de valoriser leurs travaux touchant différents terrains. Harold Bérubé et Thomas Poirier, respectivement cochercheur et membre étudiant du LHPM, ont conjointement abordé les représentations de la ville, de ses espaces et de ses habitants dans les romans policiers montréalais des années 1940 et 1950 – un genre littéraire alors très en vogue.

Jean-François Palomino, collaborateur du LHPM, a quant-à-lui proposé une réflexion sur la consignation, la circulation et les usages des savoirs géographiques en contexte colonial, en partant du cas du géographe J.B.L. Franquelin qui, en 1688, proposa au roi de France d’abolir tous les toponymes autochtones sur les cartes.

Dans un cadre chronologique similaire, Andréanne Martel, membre étudiante du LHPM, a présenté, en compagnie de Peggy Davis et de Marie-Louise Poirier, une analyse iconographique de différentes gravures produites en contexte colonial, qui traduisent une légitimation de la doctrine de la découverte par les puissances européennes, effaçant la présence des Premiers peuples.

Loin de se limiter au contexte colonial, les enjeux liés à la race se sont également manifestés dans la tenue des premiers recensements nominatifs canadiens au XIXe siècle, étudiés par Camille Champagne-Tremblay, membre étudiante du LHPM. Elle a ainsi illustré le rôle joué par l’État et ses agents dans la définition et catégorisation des populations racisées, notamment les afro-descendants et les autochtones.

Véritable pilier en matière de production et de rayonnement de la recherche sur l’histoire de l’Amérique française, l’IHAF cherche également à favoriser les échanges et les réflexions sur ses propres pratiques et celles des différents chercheurs. Alain Roy a ainsi présenté une recherche sur les relations entre les sociétés d’histoire du Québec et l’IHAF entre 1947 et 1978, alors que l’Institut cherchait à intégrer ces organismes et leurs acteurs dans sa structure administrative.

Plusieurs séances qui ont marqué ce 77e congrès de l’IHAF ont été présidées par des membres du LHPM, soulignant la reconnaissance de leur expertise dans différentes sphères. Ainsi, Joanne Burgess, codirectrice du LHPM, a animé les échanges consacrés à la patrimonialisation du passé et l’histoire dans l’espace public, alors que Jean-François Palomino a présidé une séance consacrée aux usages et aux circulations des savoirs dans les Amériques françaises des 17e et 18e siècles. Magda Farhni et Martin Petitclerc, également collaborateurs du LHPM, ont respectivement conduit les séances sur les enjeux de méthode en histoire des familles et sur les savoirs statistiques.

En plus des séances thématiques, les membres du Laboratoire ont également contribué à d’autres activités organisées dans le cadre du congrès. Léon Robichaud, codirecteur du LHM, a présenté le bilan des activités éditoriales de la dernière année de la Revue d’histoire de l’Amérique française, dont il assure la codirection avec Jean-René Thuot, alors que Harold Bérubé a participé à la réflexion sur la production des récits historiques dans les mondes universitaire et extra-universitaire, dans le cadre d’une table ronde consacrée aux défis de la synthèse en histoire.

Paul-André Linteau et Janice Harvey. Source de la photo : Centre d'histoire des régulations sociales (avec autorisation)

Finalement, l’évènement fut l’occasion de décerner pour la première fois le prix Paul-André Linteau, visant à célébrer l’excellence des écrits portant sur l’histoire de Montréal. C’est Janice Harvey qui a remporté le prix dans la catégorie « livre » pour Their Benevolent Design. Conservative Women and Protestant Child Charities in Montreal, un ouvrage consacré au rôle indispensable joué par les femmes dans les organismes de charité protestants aux XIXe et XXe siècles. Anaël Marec est quant à elle lauréate du volet « article » pour « Du biogaz en héritage. Mobilisations autour d’un “gisement” d’énergie dans une décharge urbaine (Montréal, 1986-2009) », paru dans la Revue d’histoire urbaine.

Ces différentes contributions témoignent une fois de plus du dynamisme des différents membres du LHPM, qui participent à la fois au rayonnement des connaissances historiques sur l’Amérique francophone et à la réflexion critique indispensable à une saine pratique de l’histoire.

[Source de la photo : Centre d’histoire des régulations sociales]