Le 13 et 14 mars, l’UQAM était l’hôte du colloque Les (nouvelles) méthodologies en histoire et humanités numériques, organisé par le Centre de recherche interuniversitaire sur les humanités numériques (CRIHN), dont font partie Jean-François Palomino, professeur au département d’histoire de l’UQAM et collaborateur au LHPM, ainsi que Léon Robichaud, professeur au département d’histoire de l’Université de Sherbrooke et codirecteur du Laboratoire d’histoire et de patrimoine de Montréal. Ces derniers faisaient également partie du comité organisateur du colloque, qui se déroulait dans la salle des boiseries du Pavillon Judith-Jasmin. Ces deux journées regroupaient une vingtaine de chercheurs et visaient à examiner les innovations méthodologiques induites par les humanités numériques et leurs implications pour la discipline historique.
À la suite de la conférence plénière de Marie Puren (EPITA, Paris) en ouverture de colloque, la parole était donnée en première session à Joanne Burgess, directrice du Laboratoire d’histoire et de patrimoine de Montréal, accompagnée pour l’occasion de Laura Barreto Palacio, agente de recherche en systèmes d’information géographique historique (SIG-H) au LHPM. La communication intitulée « Les systèmes d’information géographique historique au service de la recherche et de la mobilisation des connaissances : l’expérience du Laboratoire d’histoire et de patrimoine de Montréal » présentait différents projets du LHPM utilisant une infrastructure de données historiques géospatialisées.
Joanne Burgess a d’abord rappelé l’implication du LHPM dans de nombreux projets liés aux humanités numériques depuis 2011, avant de souligner l’importance du système de cartographie de l’histoire de Montréal (SCHEMA) pour le Labo. Afin de démontrer comment cet outil peut servir à la recherche et à la mobilisation des connaissances, Burgess et Barreto ont présenté quatre projets mis en place par le Laboratoire. D’abord, le projet « Nourrir le quartier, nourrir la ville », réalisé en partenariat avec l’Écomusée du fier monde, où SCHEMA a été mis à profit afin de représenter les empreintes au sol des activités et l’évolution spatiale des industries de transformation agroalimentaire du quartier Centre-Sud.
Elles ont ensuite discuté de la contribution de la cartographie numérique dans le cadre du projet « Vendre la banlieue aux Montréalais », un projet dirigé par Harold Bérubé, cochercheur au LHPM, qui présentait l’emplacement des projets immobiliers ayant fait l’objet de publicités dans différents journaux montréalais (pour les années 1951, 1955, 1959, 1965, 1969), permettant ainsi une analyse spatiale et chronologique du phénomène.
Le projet « Les épiciers du Vieux-Montréal victorien » a ensuite souligné l’utilisation des outils numériques afin de sonder les caractéristiques et l’évolution spatiale de sociétés du domaine de l’épicerie, dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Le dernier exemple dévoilait l’apport de l’outil SCHEMA pour géolocaliser des corpus d’images, dans le cadre du projet « géolocaliser les images albums de rues E.-Z. Massicotte », élaboré en collaboration avec Bibliothèque et Archives nationales du Québec.
Joanne Burgess rappelait enfin que les humanités numériques font partie des stratégies du LHPM depuis plus de dix ans, et qu’elles ont permis de développer des projets et des applications cartographiques sur mesure selon les recherches, mais également au service de la médiation historique grâce à son adaptabilité pour une utilisation publique.
Cette première session s’est terminée par une présentation de Jean-François Palomino intitulée « Le potentiel et les défis de constitution d’un répertoire géographique de toponymes anciens ». Cette communication abordait les modalités de visualisation géolocalisée des toponymes et l’intérêt de modéliser la géographie ancienne afin de sonder des tendances toponymiques sur le temps long, notamment la disparition des toponymes autochtones, leur invisibilisation et l’appropriation du territoire par les puissances coloniales.
Cette première session a produit des échanges fructueux et donnait le ton pour la suite de ce colloque des plus pertinent, qui se voulait un lieu de dialogue entre chercheurs afin d’interroger les mutations du métier d’historien.



