Histoire et patrimoine, une affaire citoyenne! Le Réseau du patrimoine anglophone du Québec à l’honneur

Le 14 mars dernier, le Réseau du patrimoine anglophone du Québec (RPAQ) était l’invité du rendez-vous mensuel Histoire et patrimoine, une affaire citoyenne! À cette occasion, l’historien Rod MacLeod, membre du réseau depuis ses débuts, a donné une conférence intitulée « RPAQ : 25 ans de promotion et de préservation du patrimoine – le bilan à Montréal », dans le cabaret du MEM. Cette rencontre a permis de mieux comprendre le parcours de ce réseau créé en 2001.

La présentation a pris la forme d’une égo-histoire, le conférencier intégrant son propre parcours à celui du Réseau du patrimoine anglophone du Québec afin d’en retracer les grandes étapes. Cette approche, à la fois personnelle et réflexive, a permis d’éclairer 25 années d’intervention tout en les inscrivant dans une réflexion plus large : pourquoi créer un organisme voué spécifiquement à la valorisation du patrimoine anglophone au Québec? En replaçant cette démarche dans l’histoire des communautés anglophones du Québec et dans le contexte sociopolitique, l’historien a proposé un regard particulièrement éclairant sur la raison d’être et l’évolution du RPAQ.

L’engagement de la communauté anglophone en histoire et patrimoine s’inscrit dans une longue durée à Montréal. Dès le XIXe siècle, des citoyens issus de ces milieux participent à la structuration de la vie associative et à la mise en valeur du passé montréalais. Au fil du temps, cette implication se déploie dans plusieurs secteurs de l’île, notamment à Westmount et dans l’ouest de Montréal, où diverses sociétés d’histoire ont contribué à transmettre la mémoire locale et à faire vivre le patrimoine par l’action citoyenne.

Cette contribution ne se limite toutefois pas à quelques territoires bien établis. Elle se manifeste aussi dans des quartiers marqués par une forte diversité sociale et culturelle, où l’anglais agit parfois comme langue de rencontre entre des mémoires multiples. Cette réalité rappelle que la présence anglophone à Montréal est loin d’être homogène. Elle prend appui sur des parcours variés et s’inscrit dans un tissu urbain où se croisent différentes expériences culturelles, migratoires et communautaires.

À partir des années 1970, les mobilisations pour la sauvegarde du patrimoine donnent un nouvel élan à cette participation citoyenne, en faisant du patrimoine un enjeu collectif. Depuis les années 2000, cette dynamique s’est aussi consolidée grâce à des réseaux de concertation, dont le Réseau du patrimoine anglophone du Québec, qui soutient les organismes et rend plus visible l’apport des communautés d’expression anglaise. La conférence de Rod MacLeod a ainsi bien montré que le RPAQ s’inscrit dans une histoire plus large, faite d’engagement, de transmission et de reconnaissance de la pluralité des mémoires qui composent Montréal et le Québec.

Le dernier rendez-vous mensuel d’Histoire et patrimoine, une affaire citoyenne! aura lieu le 11 avril prochain. La Société d’histoire d’Ahuntsic-Cartierville et la Société d’histoire et de patrimoine de l’Île-Bizard et Sainte-Geneviève en seront les invitées. Entre 11 h et 17 h, leurs membres vous accueilleront au Belvédère du MEM pour vous faire découvrir l’histoire et le patrimoine de ces deux territoires montréalais.