Le LHPM et les SIG-H à la Journée Géomatique 2025 de l’UQAM

Le 19 novembre dernier, des géomaticiens d’un peu partout au Québec se sont réunis à l’occasion de la Journée géomatique 2025, tenue à l’UQAM. Organisé par le Département de géographie, cet événement a été l’occasion de mettre en valeur la diversité du domaine et la multitude d’applications des systèmes d’information géographique (SIG), que ce soit en recherche, en enseignement ou dans une variété de contextes professionnels.

Cette année, le Laboratoire était fier de prendre part à la journée grâce à une présentation de Laura Barreto et Joanne Burgess, intitulée : « 20 minutes, 10 années, 5 projets ! ». Leur intervention a ciblé cinq projets marquants dans le domaine de la cartographie numérique réalisés au sein du Laboratoire grâce à la plateforme SCHEMA. Pour chaque projet, elles ont exposé les enjeux, la complexité et les défis propres à la cartographie historique.

Les deux conférencières ont amorcé leur communication avec  « Vendre la banlieue aux Montréalais », un recherche dirigée par Harold Bérubé, cochercheur au LHPM, qui s’intéresse à  l’emplacement de projets immobiliers de la banlieue de la métropole ayant fait l’objet de publicités dans différents quotidiens montréalais. Ce projet, qui a été l’une des premières applications sur SCHEMA, a mis en lumière les défis de la visualisation de l’évolution chronologique dans les applications cartographiques.

Il a ensuite été question de  « Nourrir le quartier, nourrir la ville », une application intégrée à une exposition et réalisée en partenariat avec l’Écomusée du fier monde. Ici, SCHEMA a été mis à profit afin de représenter l’évolution spatiale d’industries de transformation agroalimentaire du quartier Centre-Sud. Pour atteindre cet objectif, des cartes de base ont été produites à partir des plans d’assurance incendie. Ce fut une initiative qui allait marquer l’évolution ultérieure du LHPM.

En effet, on doit à ce dernier projet les cartes-index des plans anciens de Montréal. Laura Barreto a retracé l’évolution de cette entreprise ambitieuse menée en partenariat avec Bibliothèque et Archives nationales du Québec, dont la réalisation s’est échelonnée sur plusieurs années et qui a bénéficié du concours de nombreux stagiaires. Elle a rappelé qu’en géoréférençant les atlas, les plans d’assurance incendie et les plans d’occupation du sol, le LHPM voulait produire un outil de diffusion convivial pour les chercheurs et toute personne intéressée par l’évolution de l’espace montréalais. Les réactions du public ont confirmé que cette application est bien connue et appréciée des géographes et géomaticiens.

Le quatrième projet mis en vedette était « Le passé portuaire du Canal de Lachine », réalisé en partenariat avec Parcs Canada. Sa présentation a été l’occasion de souligner certaines avancées de SCHEMA pour la création des applications cartographiques. Intégrant des perspectives évolutives et des infobulles riches en iconographie, il s’agissait aussi de la première application développée au LHPM adaptée aux appareils mobiles et aux tablettes afin que les visiteurs de la zone puissent vivre un parcours immersif.

La communication s’est terminée par une brève présentation des premiers résultats du projet « Montréal 1849 : la nuit de l’incendie du parlement ». Réalisée en partenariat avec Pointe-à-Callière, cette recherche a pour objectif de reconstituer le mouvement de la foule pendant la soirée du 25 avril 1849 à partir des dépositions recueillies par les autorités après l’incendie. L’enquête se distingue par la quantité exceptionnelle de données, car y sont retracés les déplacements de 178 personnes dans 114 lieux de la ville et par tranches de 15 minutes entre 19h00 et 22h00 lors de la nuit de l’incendie. Toutes ces informations sont réunies dans une application cartographique munie d’une ligne du temps qui permet de visualiser le mouvement de la foule et d’interroger le parcours des différents acteurs.

Ce survol rapide de ce que Laura Barreto a qualifié de « top 5 » des applications cartographiques du Laboratoire a permis aux participants à la Journée Géomatique 2025 de découvrir la variété des sujets, l’ampleur et la complexité de la recherche historique, ainsi que les défis liés à la pratique des SIG historiques. La présentation a également mis en lumière les différents champs d’action du Laboratoire et de ses partenaires, qu’il s’agisse de la recherche historique, de la production d’expositions muséales ou encore de l’élaboration d’outils de diffusion destinés au grand public.