Colloque Montréal 1992 : Quel héritage pour l’histoire et le patrimoine ?

montreal-1992_1Le premier rôle de l’histoire et du patrimoine est – cela est bien connu – de créer des ponts entre le passé et le présent.  Voilà une chose qui s’est une fois de plus concrétisée lors du colloque Montréal 1992 : Quel héritage pour l’histoire et le patrimoine de Montréal? Organisé par le Laboratoire d’histoire et de patrimoine de Montréal (LHPM), en collaboration avec Pointe-à-Callière, cité d’archéologie et d’histoire de Montréal, et la Section des archives de la Ville de Montréal, cette rencontre avait pour objectif de poser un regard neuf sur les festivités du 350e anniversaire de Montréal en vue des célébrations du 375e de 2017. Mettant une fois de plus à profit le travail en partenariat, le LHPM a réuni des acteurs de différents milieux afin de revisiter de manière critique et globale cet  évènement historique récent. Le colloque était séparé en six séances thématiques réunissant des témoins privilégiés de l’époque. Nous vous proposons ici un bref survol de ce colloque riche d’informations et d’échanges.

Pour la séance inaugurale, les participants se sont retrouvés dans un lieu symbolique du 350e anniversaire, soit Pointe-à-Callière. Au cœur d’une institution fondée à l’occasion des commémorations, Claire Poitras de l’INRS-Urbanisation Culture Société, et Mario Robert, chef de la Section des archives de la Ville de Montréal, ont mis la table en nous présentant le contexte économique et politique au tournant des années 1990. Les conférenciers nous ont rappelé l’ampleur et le dynamisme des évènements, malgré la  récession économique sévissant cette année-là et le tumulte constitutionnel du début de cette décennie.

montreal-1992_2Pour la seconde journée, les participants se sont rassemblés au Salon Orange de l’UQAM où des acteurs de premier plan ont partagé leur expérience de 1992. Ainsi, pour la première séance, Clément Demers de Quartier international de Montréal, Paul-André Linteau de l’UQAM et Francine Lelièvre de Pointe-à-Callière ont témoigné des étapes de création de l’ambitieux projet d’établir à la fois un musée et un site archéologique localisé sur un lieu historiquement reconnu comme fondateur de la métropole.

Ensuite, André Delisle, conservateur du Château Ramezay, Andrée Blais, muséologue, et Alan Stewart, historien, se sont réunis pour une table ronde sur la conception et la réalisation des grandes expositions muséales présentées en 1992. Ces conférenciers ont entre autres souligné l’importance, pour les institutions muséales, de réaliser une planification interinstitutionnelle et de bénéficier d’un soutien financier pour l’élaboration d’expositions d’envergure liées à des événements exceptionnels comme l’a été le 350e anniversaire de Montréal.

Cet anniversaire a également été l’occasion de mettre en valeur l’histoire et le patrimoine des quartiers montréalais. Pour en témoigner, Jacques Lecours de l’Association québécoise pour le patrimoine industriel, Jean Bélisle, ancien président de la Société historique de Saint-Henri, et Dinu Bumbaru d’Héritage Montréal ont présenté les concepts originaux d’activités organisées à cette époque par des organismes locaux dans différents lieux de la métropole et majoritairement présentés en marge de la programmation officielle.

montreal-1992_3Au de-là de son effervescente proposition d’activités et d’événements, 1992 aura également permis l’éclosion des recherches et des publications sur Montréal. À ce titre, Joanne Burgess de l’UQAM a réalisé un bilan exhaustif de cette production. Elle a ainsi pu constater le véritable effort des différents acteurs à réaliser une histoire publique en s’attardant, entre autres, à la diffusion « grand public » de leurs publications. Pour sa part, Francine Lelièvre a rappelé que l’implantation du musée Pointe-à-Callière a ouvert les portes à  la recherche en archéologie urbaine, particulièrement à Montréal. Pour conclure cette séance, Paul-André Linteau, pionnier en la matière, a souligné l’importance de 1992 comme catalyseur ayant permis la concrétisation d’ouvrages désormais incontournables dont les premières synthèses historiques de Montréal.

En  conclusion, Bernard Vallée, cofondateur de Montréal Explorations, était invité à réaliser un bilan des différentes communications du colloque en soulevant les grandes leçons à retenir en vue du 375e. Tout au long de l’évènement, les participants étaient appelés à poser leurs questions et à faire valoir leur point de vue sur les différents enjeux ciblés.

montreal-1992_4La journée s’est terminée sur une note festive avec un vin d’honneur inauguré par un discours du recteur de l’UQAM, Robert Proulx. Pour couronner l’évènement, la  Bibliographie sur l’histoire de Montréal a été lancée par le LHPM et le Partenariat de recherche Montréal, plaque tournante des échanges : histoire, patrimoine, devenir. Ce répertoire en ligne rassemble près de 10 000 références consacrées à l’histoire de la métropole.